Aventure avec sa vraie nature,
Baptême des bosses et des bleus,
Chemin de Compostelle,
Déjeuner sur lherbe douce,
Envie dévasion spirituelle,
Fardeau familier à enfreindre,
Grimper sans geindre ni gémir,
Halte sur un lieu historique,
Invitation à une bonne sieste,
Jeûne dun jour de pluie,
Kilos en trop à sécrouler,
Long cheminement vers le lointain,
Magie dune nuit sous les étoiles,
Nature cruelle, pure et dure,
Origine de sa destinée,
Prière de persévérance,
Quatre pèlerins qui marchent,
Recherche intérieure rigoureuse,
Sac à dos sur un sac dos,
Tendinite tenace qui tiraille,
Unique objectif à atteindre,
Visites des villages dEspagne,
Week-end solitaire,
Xérès dun gîte accueillant,
Yin et yang, léquilibre du yogi,
Zénith ou le point zéro,
Zèdessunaire » dun voyage initiatique.
Sommaire :
I . Zénith ou le point zéro.
II . Sac à dos sur un sac dos.
III . Unique objectif à atteindre.
Chapitre premier. Zénith ou le point zéro.
Au jour Z, zut ! le néant ! la page blanche ! et puis
linvitation pour un
voyage à thème par un simple message électronique.
Lidée germe dun grand vide qui précède parfois les grandes décisions :
envie de relever un défi.
De minuit à midi, rien de fructueux ne vient couronner la libre recherche intérieure.
Alors, je me jette au lit pour pleurer un peu, invitation à une bonne sieste jen
profite pour dormir intensément et, rêver.
Au réveil, je me réjouis à tort.
Bien sûr, des songes ont visité mon sommeil, lont agité de trouvailles
richissimes, de réflexions dépassant limaginaire de ma conscience et sen
sont allés en courant dair loin de ma mémoire.
Je me retrouve au point de départ, un peu plus reposée peut-être. Les traits détendus
comme en ces années tendres où toutes mes cellules vivaient.
Engourdie par une mauvaise posture peut-être, lépaule droite me fait souffrir un
peu, ce fardeau familier à enfreindre me rappelle que même le plus grand des secrets
meurt ou nous tue de nêtre pas partagé.
Retour à zéro, lexpérience requiert de la concentration pour un dépassement de
soi.
Chapitre deuxième. Sac à dos sur un sac dos.
A lheure S, silence ! labsolue quiétude ! yin et yang, léquilibre du
yogi ! et puis
un dictionnaire oublié sur un coin du tapis évoque demblée
lordre alphabétique de sa répartition.
Labécédaire égrène allègrement les titres dun voyage initiatique en
vingt-six chapitres.
Dans la fougue de mon engouement, jen ai oublié de manger. Ce sera juste le jeûne
dun jour de pluie.
Le bruissement léger des pages tournées ou plus sec des planches à dessins du
dictionnaire rivalise avec les craquements du feu de cheminée, latmosphère de
cette fin de journée se densifie à ouie doreille, la pluie na pas cessé.
Lhumidité du mot mouiller- contraste avec la sécheresse de aride- ou
la dureté de bref- coup- ou de front- dont jallie le sens à la
sonorité. Mon intérêt accru par ce qui est pour moi une découverte, rien ne me
détournera de ma lecture dictionnairique sinon, peut-être, lécriture mais pas la
faim.
Pourtant, à la tentation dune lune toute lumineuse comme les prunelles des
amoureux, je ne résiste pas et file dans la campagne proche avec un thermos deau
chaude au tilleul et une couverture dans mon sac à dos.
Le vent, en ôtant son voile de nuages à la nuit, la rendue limpide et plus claire
comme un regard après des larmes.
Etourdie démerveillement, je bascule accidentellement dans le pas de logre.
Cette profonde empreinte rocheuse, doù leau sest déjà évacuée par
une heureuse inclinaison et par de nombreuses fissures, semble se refermer sur moi. Je
glisse dans lobscurité des entrailles de la montagne, la peur me signale soudain
que jai très envie de la ratatouille à lhuile dolive qui parfume
encore la cuisine jusque dans la véranda.
Le gros dictionnaire dans mon sac à dos freine ma chute puis amortit le choc de ma tête
sur largile gluante de ce que je crois être le fond dune grotte.
Chapitre troisième. Unique objectif à atteindre.
A linstant U, ubac ! lenvers de moi-même ! unifiée, je me sens uniformément
évidée de toute matière pesante et pensante.
Des stimulations extérieures ne me parviennent que de vaines impressions. Sans
distinction entre les actions intentionnelles et les bribes de mouvements qui
meffleurent, le vivant sinfiltre en moi pour imposer sa loi à chaque
particule de mon être.
Ce nest pas leffort physique et moral qui men coûte mais le calme
dun imaginaire éteint qui me retient là. Une vacuité béate anesthésie la
volonté, lillusion, la créativité, linstinct, les besoins, le désir
« Tu as trop dimagination ! »
Une phrase assassine qui plombe mon existence depuis lenfance : lorsquà douze
ans je pleurais à la pensée de ceux quà linstant même quelque bourreau
torturait au Chili et tout près, au village même, qui sait ? ou, plus tard, quand je
meffarais quétant étudiante plus japprenais et mieux je réalisais la
vaste ignorance dans laquelle, humainement, je resterai embourbée.
Le coma que les attentions affectueuses de ma famille, bienveillantes du personnel
infirmier et parfois drôles de mes amis mempêchent de dépasser, devient la chape
de plomb dont jémerge. Jatteins ce but, cette réalité objective malgré
moi.
Délestée de ma vie intérieure et de mon passé, je commence à réveiller un ailleurs
de moi-même. Aux contacts des êtres et des éléments qui mentourent, me modèlent
en menjoignant dexister avec énergie, je me découvre libérée des mots
nayant plus tant à dire mais beaucoup à vivre.
FIN ou plutôt DEBUT !
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