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L'aurore se levait. Le silence régnait parmi les jardins
et les fleurs. Tout le monde dormait encore. Seul Arthur était
éveillé. Il était très inquiet. Il sortit
de son nid douillet et observa le ciel. Il n'y avait qu'un mince
rayon de soleil qui essayait, tant bien que mal de percer la nuit.
Arthur pressentait un événement anormal. La noirceur
du ciel était alarmante. Tout cela ne présageait rien
de bon. Ni fleurs, ni fruits et légumes ne pourront éclore
sans la lumière, dans les jardins attendant leur floraison.
Et sans ces plantes, Arthur et les autres animaux du jardin botanique
resteraient l'estomac vide. De plus, il adorait manger les tulipes
qui avaient un goût particulièrement sucré.
Il devait agir rapidement. A présent, il faisait totalement
nuit et le jour était sensé être là,
depuis belle lurette.
Mais chez qui pouvait-il se renseigner et demander de l'aide, pensa
le petit Arthur.
Il réfléchissait assidûment lorsqu'il entendit
le tonnerre gronder.
" Mais,
il ne fait pas le même grondement que d'habitude
! " remarqua le petit escargot.
" Non, souffla l'herbe. Il doit être mécontent.
"
" Tiens ! Mais pour quelle raison, demanda étonné
le petit escargot. "
" Je ne sais pas. Il faut poser la question au tonnerre. "
Le petit Arthur remercia l'herbe et pensif continua son chemin.
Comment parler au tonnerre qui se trouve si haut dans le ciel sombre
? pensa l'escargot.
En chemin, il rencontra son ami l'hérisson et lui expliqua
la situation. Lui aussi était soucieux.
Ensemble, ils trouvèrent la meilleure solution. Il fallait
se dépêcher, car déjà, les fleurs commençaient
à se faner et les oiseaux préparaient leur migration.
Son ami lui conseilla de demander de l'aide à la cigogne.
Ce que fit Arthur. Il cria dans un clairon : " cigogne ! Cigogneeeeeeee
! "
Celle-ci se trouvait perché, en haut d'un peuplier. Mais,
elle entendit l'appel.
Elle regarda vers le bas et aperçut le petit escargot. Elle
déploya ses ailes et descendit gracieusement tout en faisant
des pirouettes afin d'épater la galerie.
" Bonjour l'ami ! " cria-t-elle du haut de son envol.
Elle fit un atterrissage exemplaire et se retrouva en face d'Arthur.
" Que me vaut ta venue ? "
" Il faut que tu m'emmènes là haut dans le ciel,
je voudrais voir le tonnerre. Il se passe un phénomène
anormal" dit Arthur.
" C'est d'accord. Allons-y avant que la tempête ne déferle
sur la terre " dit la cigogne.
Le petit Arthur grimpa sur le dos de celle-ci. Il avait peur, car
à l'intérieur, il était ballotté de
gauche à droite. Il devait se tenir de toutes ses forces.
Il fallut plus d'une heure pour arriver au ciel. Le tonnerre grommelait.
Il n'était pas heureux.
En fait, il lui manquait un élément. Il avait perdu
un éclair. De ce fait, la tempête ne savait pas se
soulever et faire rage dans le ciel. Et, il était impératif
le temps continue son travail afin que la nature puisse vivre et
mourir.
L'escargot promit de ramener l'éclair dès que possible.
Du ciel, on pouvait apercevoir une boule de feu prisonnier dans
une des maisons.
" Vite, dit Arthur à la cigogne. Il faut aller le libérer.
"
" En avant toute ! Cria - elle en riant aux éclats.
Elle aimait ce genre d'aventure. Elle se sentait d'attaque à
surmonter tous les obstacles.
Ils dévalèrent le ciel tout en piquant du nez.
Près de la maison, ils n'entendirent aucun bruit. Ils voyaient,
seulement, l'éclair mécontent et tambourinant chaque
meuble de la pièce. En y regardant de plus près par
la vitre, ils aperçurent une petite fille cachée sous
le lit en tenant bien fort contre elle, son doudou.
Ils devaient l'aider au plus vite. L'éclair était
incapable de mesurer sa force et il était vital pour l'enfant
de ne pas toucher la boule lumineuse qui était brûlante.
" Comment allons-nous procéder pour les sortir de là
? " Demanda Arthur.
" Nous devons réveiller les parents de la petite fille.
Ils n'ont certainement rien entendu " dit la cigogne.
Elle s'envola en direction de l'arrière de la maison et
la cigogne frappa de son bec contre la fenêtre des parents.
Après plusieurs essais infructueux, Madame Pépernote,
à moitié endormie, vint ouvrir la fenêtre et
au même instant ; le grand oiseau fonça sur elle.
Elle cria de stupeur et se retrouva à terre.
La cigogne fit plusieurs cercles dans la pièce et partit
par la porte ouverte en direction de la chambre de Charlotte.
Madame Pépernote avait repris ses esprits. Elle partit à
la poursuite de l'oiseau.
" Mais
saperlipopette, dit-elle ! Que se passe-t-il !
Me réveiller en pleine nuit. Je vais chasser cet animal à
coup de balai et il sortira aussi vite qu'il est entré !
" dit- elle outragé.
La cigogne s'était arrêtée net devant la porte
entre-ouverte de Charlotte.
Madame Pépernote ne pensa plus à l'oiseau, lorsqu'elle
vit la boule de feu dans la chambre de sa fille.
Elle garda son calme et y entra prudemment. Elle longea délicatement
le mur en évitant de justesse l'éclair et ouvrit la
fenêtre.
La boule de feu s'apaisa et sortit par l'ouverture à la
vitesse de l'éclair et alla rejoindre le tonnerre.
Il n'y avait plus de danger.
La mère Pépernote se précipita vers sa fille
qui se blottit dans les bras.
La cigogne prit son envol et disparut.
Le tonnerre était tout heureux de récupérer
son éclair et la tempête allait enfin pouvoir se déployer
sur les contrées.
La vie recommençait.
Depuis lors, Madame Pépernote jeta toujours du pain et des
graines dans son jardin pour nourrir tous les animaux avoisinants.
De temps à autre, on apercevait quelques cigognes qui se
perchaient sur le toit de sa demeure.
Fin
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