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Non, elle ne veut pas y croire.
Et les flots colorés s'emballent avec tant de force que l'on
serait tenté d'en imaginer l'écume rosée et
giclante.
Mais Véra a souhaité toujours rester douce
toujours
et par-dessus tout. C'est cela sans doute être bien élevée,
même au prix des plus grands dangers
Les vagues se cognent aux parois des canaux et elle se dit qu'un
jour, l'un ou l'autre finira par se rompre. Il y a des chiffres,
des paliers que la houle n'a pas à dépasser.
Véra se sent ivre, comme le bateau. Ne faut-il pas l'être
un peu pour penser à Arthur dans de pareils moments?
Elle croit rester au bord de la tempête, elle y est en plein
cur.
Elle pressent pourtant qu'il faudrait s'échapper, alors elle
ferme les yeux et tente de composer un autre paysage : celui du
ruisselet, abandonné, qui coule selon la colline ou la plaine,
et malgré les cailloux en travers de son cours
mais
toujours la tempête reprend ses droits, pleine de son chaos
et de rafales.
Il n'est plus venu
elle le sait ailleurs, dans d'autres bras.
Et plus jamais, sans doute, il ne l'aimera.
Pas de larmes pour Véra.
Mais le tumulte des flots rouges ne désarme pas. Elle se
rappelle fugitivement les planches anatomiques du dictionnaire et
se demande encore où et quand, viciés, ils bleuissent.
Véra ne peut pas attendre l'éclaircie qu'annoncent
tous les dictons. Il lui faut très vite une autre sorte de
cercle blanc, rose ou rouge que le soleil : un comprimé,
hypotenseur.
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