Une photographie de Jim Hayes

Une oeuvre de Mari Mahr

EN TON NOIR

par Alain Drouillet

Regard

Sommaire

 

 

Chronos a roulé son quartz, en sable l’a mué

Le feu d’un volcan froid éclaire des yeux éteints

Au terme du voyage Ithaque au jour blanchit

Un visage oublié passe parmi les nuées

Il dit que tout destin gît sur les décombres

De la vie rêvée qu’un éclair eût fait vivre

Pèlerin égaré sous un ciel sourd

Sur mes lèvres, tremblant, un mot se meurt

Comme l’oiseau dont l’aile rompue

Veut battre encore et ne peut voler

Mais cogne, aveugle, le miroir

Où luit le diamant de tes larmes

Pierre lisse qui m’entraîne

Dans cette eau noire où je glisse

Sans savoir si je meurs

Ou si je vais survivre

Chaleur de la main

Souffle d’une bouche

Un vol de mouche

Sans lendemain

Vive aurore

Abolie

Quinquets

Blafards

Rien

Noir