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Au
midi obscur, on voudrait que j'ai cessé de voir les anges
descendre sur le rebord des fenêtre. Mais au crépuscule,
à cette heure improbable du jour ou de la nuit, s'avez vous
qui ouvre, déforme ou achève l'esquisse ? C'est la
fin et le début. On s'en souvient si peu.
Souvent
le soir à mesure que décline la lumière, les
rues nous ouvrent sous un ciel de théâtre quelques
trajectoires sidérantes et l'ombre de mon corps s'envole,
épousant l'ombre des cheveux de mon amante. Partout sur le
salpêtre des murs, des figures pariétales petit à
petit, élargissent le vide. Les morts et les vivants se visitent..
Vaguement lumineux on se laisse dériver. On arpente des rives
qui meurent ou se transforment à chaque tableau. Timides,
parfois obtuses, tremblantes dans leurs stations peureuses, des
géométries fantastiques s'accouplent ou agonisent
dans la poursuite des corps. Sur la grande façade du musé
Basque, glissent des motifs immenses et silencieux. À la
devanture du Printemps la flamme d'une tête danse sur un axe
instable de vitesse..
Tout
à l'heure entre les colonnes du marché mon ombre reprendra
vie. J'aurai des gestes de femme lentement accouplée au cosmos
d'une belle colonie de têtes. Cependant comme un avertissement,
une bagnole, phares aux iris dévoreurs, nous révèle
au bas d'un immeuble place Monteau, le tag nerveux d'une épitaphe
à l'utopie. Debout devant les bars, les femmes ont dans leur
visage des orbites d'obsidienne. Correspondance muette avec Lilith.
On se rassure un peu dans la corpulence des bières que l'on
caresse avec les lèvres... Mais qui de l'ombre est ombre
pour cet homme qui pisse en bas du quai, et dont les deux infinies
silhouettes usurpent sur leur mât son aveu miaulé ?
Ostinato du doute.
Jusqu'au
lever du jour les ramures des arbres projetteront sur l'asphalte,
leur jarretière de dentelles. Elles seront baisées
plus que le pied trop loin des noces, car les épouses sont
immenses bercées dans le puits doux des aisselles du vent.
Jusqu'aux prémices de l'aurore, un rapt semblant coincé
à la lucarne d'un toit, donnera des signes de belle faiblesse....
galbes et fuseaux survivants des fables légendaires se débattront.
C'est la femme qui enlèvera l'homme, et le rêve n'y
est pour rien.
Par
chance plus tard, très tard, si le foutre blanc et frais
de la lune inonde et allaite la ville, nous convoquerons alors nous
mêmes, sales poètes dans leur blouse d'images, des
figures épousées ou tuées sur le champ.
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