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A
lombre du chinois debout sur la muraille, elle regarde cette
terre quelle ne reverra plus. Lombre sétire
toujours plus longue au raz de ses genoux. Le soleil descend lentement.
Quand la silhouette du chinois se confondra avec les pierres de
la muraille, ce sera la fin. Sa fin.
Tel
est le pari insensé quelle a décidé de
tenir coûte que coûte : au prix de sa vie. Elle la
suivi sans hésiter dès son réveil. Elle ne
la pas lâché de toute la journée. Lui,
silencieux et magistral, na pas dit un mot, son sabre dans
sa gaine. Il ne sest pas retourné sur elle mais il
savait quelle était là, soumise à chacun
de ses mouvements. Il a marché sur la muraille sans sarrêter.
Il a tenu son cap, infatigable. Chacun de ses pas, assuré
et égal, lemmenait au Nord Est. Les rayons brûlants
du soleil au zénith ne lont pas ralenti.
Elle
a tenu.
Elle
na pas craqué une seule fois. Elle a respecté
son désir de silence. Elle sest collée à
lui sans faire un bruit ni jamais le toucher, se cachant dans son
dos, fuyant autant que possible cette lumière vive qui léblouît.
Pourtant, elle savait déjà quelle aurait dû
fuir, quelle aurait dû séchapper de son
emprise, sévanouir dans la nature, laisser tomber à
tout jamais son chinois, son terrible chinois. Il ne la pardonnerait
jamais : elle se refusait à lui toutes les nuits.
Il
a sorti son sabre. Dun geste lent, il la dressé
au-dessus de son corps, la pointe sur son ventre. Le dernier rayon
du soleil, rouge, est venu se glisser le long de la lame qui senfonçait
dans les entrailles, avant de seffacer à lhorizon.
Il
sest effondré vers elle, mais elle sest éclipsée
avec la pénombre. Telle une ombre chinoise.
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