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Mon réveil lumineux sert de phare à
tous les rêves qui naviguent, bonne heure, male heure, sur
les vaguelettes de ma nuit.
Parfois une caravelle s'amarre à bon port, encore toute dorée
de la caresse du fanal
Parfois une nef, pourtant bien gréée, s'échoue
sur quelque récif surgi de l'écumeuse profondeur
Des barques bondissantes n'arrivent jamais en rade, toutes à
leur jeu de bouées légères qui vont et viennent,
palpitent au gré des courants
Je reste ainsi livrée au bon vouloir des marées, des
rames, du gouvernail, ou du sursaut d'un roc
Et je rêve parfois que je suis moi-même radeau ou goélette,
et que la dormeuse à mon bord est la Nuit, éternelle,
secrète
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