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Chant,
silence, dentelle, solitude, pierres montées en arguments.
Mes yeux se livrent au vertige. Ile nue, danse qui soûle.
La mouette a laissé sur la feuille trembler un frisson de
duvet. Le foyer brûle en moi qui défait mon corsage
et me plie sous son aile et sa flamme me baise les flancs, les bras,
le cou et la voilà qui danse dans mon sang fluide, atomique.
Danse. Île
nue. Rêve sous les paupières que le ciel a rougies.
Dents qui rient au ciel vide.
Je tremble encore,
obstinément. Une note majeure a craqué dans mes os.
Mon pouls s'excite et se disperse. Un fleuve surgi de la mer rampe
ses vagues sous mes reins. Eau blanche, neuve, cristallisée,
eau chaude et creuse dans les galets.
Silencieuse,
j'attends ... et le silence vibre dans son enveloppe froissée.
Cœur qui bat contre le mien. Crinière noire que j'ai
envie de mordre, qui agace mes lèvres, mon cou, doucement
et puis brusquement, avec des accès de rage. Attendre ...
attendre ... un certain temps. Abîme insondé. Envie
de vivre et de donner, de dire qu'on a compris. Sourire à
la sirène dont le bateau divague. Vœu de chaleur dans
la fumée qui navigue. Onde par onde, l'alchimie saline s'avance,
manque un pas et reprend son élan, incessamment.
Je tiens compte
de tout. Larme au fond du cœur. Le silence est la parole la
mieux comprise, la mieux partagée, la plus fidèle.
Les voix se sont éteintes. La mer parle pour nous.
Nous nous sommes
fondus aux galets, inanimés, sages, apaisés.
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