Une affiche de Stéphane Popu

La colombe

de Marie Bataille

Mémoire

Sommaire

« La mémoire est le miroir où
nous regardons les absents. »

Joseph JOUBERT


Tu étais celle qui lissait l’ombre
Celle qui ciselait
Aux palettes des ors anciens
Les enluminures du vivre
Et tu trempais de feu lucide
Tes rémiges de long fuseau

Tu brûlais les rameaux de la flagellation

Laissais couler la cendre des ramées

*

Ce fut ce si long soir des glaces dans la blancheur sans tache de la nuit
Et les étoiles, les étoiles
– temps de mémoire temps d’écueil –
froissaient de leurs pétales morts le pavé froid des galaxies

*

Il y avait tant d’illusions
Tant de matins disjoints
Qui te voulaient survivre

Et pourtant

Cet oiseau blanc qui s’abîmait au ciel

Cette pure colombe


Marie Bataille