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A MNEMOSYNE
derrière le front clos, dans un recoin obscur,
se terre en permanence une forme sans âge aux pouvoirs infinis
elle parcourt lespace à petits pas furtifs,
glanant de ci de là les mots intempestifs
quelle fait mijoter dans son chaudron maudit
ô sournoise mémoire !
quas-tu donc concocté pour ce nouveau voyage ?
tu mas sortie du temps,
transplantée dans lavant,
a fait vivre pour moi des fragments dautrefois
ce passé révolu quon ne refera plus !
pourquoi donc tacharner à le ressusciter ?
ancestrale conteuse, limonaire barbare , hypocrite gardienne !
en hideux jacquemart tu scandes sans répit
linutile refrain de ce temps qui nest plus
bon ou mauvais ? quimporte !
un souvenir est mort
mais tel un nécrophage
tu suçotes sans fin ses bribes faisandées
je nai que faire de toi et de tes bavardages
la route que je prends va dun autre côté
laisse-moi men aller vers un autre voyage
dans ce présent où tu nas pas droit de cité
*
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LE REVEIL DE MNEMOSYNE
derrière le front clos
de sinistre mémoire
le vieil implant dormant
s'est soudain réveillé
siffle siffle serpent ranime la mémoire
mnémonique poison jadis entreposé
l'enfant nu hurle en vain
nul ne pourrait entendre ce fantôme oublié
que le temps dévora
écheveau emmêlé sur lequel il s'acharne
siffle siffle serpent ranime la mémoire
distille les poisons jadis entreposés
ô belles bandelettes
cachant la pourriture
si savamment tressées pour la postérité
l'enfant nu hurle en vain
fantôme dévoré
il n'y a pas d'enfant dans ces ruines moussues
nul serpent n'a crissé
le temps est révolu
de ses yeux révulsés il sonde sa mémoire
par-delà le front clos
tout dépressurisé
le temps coule en sanglots
empuanti d'oubli
et glissent des serpents dans les orbites vides
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