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Dans
le jardin de nos rumeurs la terre butée
irrigation
étonnée de nos pas entre les rangs
l'eau
est une pensée glissée entre deux ciels
infiltration
vers des racines ardentes
l'obscur
en dedans
sous-sol
de nos corps dévêtus
frémissements
l'invisible
engloutit le présent
la
graine s'imbibe de salive
une
mer sur le cur
le
provisoire avalé
au
jardin des récoltes sans saison
un
déguisement où les éléments grondent
le
noir est double
parfois
il suffit de craie ou de lumière
et
lever le jour
déchirer
la coquille durcie de nos peaux
naître
à chaque instant
nos
mots attendent
envahissement
de crue
hurlement
de fleur dans le jardin de nos colères
un
fleuve sirupeux
un
vacarme de sang
le
voyage est liquide
entre
deux berges
le
pont de nos désastres
se
déchirent tous les rêves étonnés
ceux
d'enfance où nos prunelles se forgent des images au monde
immortelles
le
temps des libertés se cache à celui qui passe
pas
de friches sur les ruines de nos maisons
chaque
matin est nécessité
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