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"
Les accents circonflexes sont comme des
oiseaux qui volent sur mes pages."
M. Tournier
Les
oiseaux reviennent à nouveau sur le bord de la fenêtre.
Moi, tout près je les entends. Le soleil oblique . Ça
me touche, de même que lorsque qu'Elise frôle ses doigts
sur moi. On dirait que ce sont ces oiseaux qui me bécotent.
À chaque matin, Elise les dépose sur moi et ils se
mettent à fourager puis se calment. Le tempo de leur bec
fait la même musique que lorsqu'ils viennent à la mangeoire.
Ils écrivent eux aussi. C'est leur manière de tracer
le ciel bleu ou orageux, la froidure de l'hiver, les ruses des chats
des voisins, les attaques des carouges et des gaies bleus qui font
la loi du milieu.
Quand
ils sont joyeux mon rire cliquette avec le leur. Quand ils ont peur,
j'ai peur avec eux. Je claque des touches. Je ressens leurs joies,
leurs peurs sur moi.
Ils
ne sont pas libres les oiseaux. Ils s'épuisent à voler
pour trouver leur nourriture,la chaleur et fuir les prédateurs.
Ils ne regardent pas aux fenêtres , même si leur bec
picore les vitres des tours d'habitation. . On dirait qu'ils téléphonent
à la STM, clic clic clic - clic clic clic clic. Ils cherchent
un autre trajet, cherchent seulement à franchir ces murs
de verre.
L'
ordi mon complice, a plein d'oiseaux en mémoire. Chaque matin
je les invite à danser sous les doigts d 'Elise. Moi, j'essaie
de leur donner un peu de liberté.
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