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sans
cesse bousculée au large de mes vieux jours
j'habite ici
depuis trop longtemps
à
l'heure de m'endormir
engluée dans la marée noire
de mes nuits
je me sais condamnée à revivre
à la pointe du jour
Ô
sentence sévère!
vogue ma galère et je crie
viendra-t-il le jour de ma libération?
l'éternité
durant je voudrais me bercer
au gré du vent
m'étirer au soleil
m'allonger sous la lune
me laver du mal de la terre
guérir mon âme esseulée
boire un bon thé dans ma tasse de fantaisie
retrouver mes bien-aimés
reprendre ma liberté
depuis
les grands adieux
moi, mouette blanche blessée
je compte les heures
mon cur à la merci du temps
j'attends
tous
les oiseaux de mon paradis
sont partis
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