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Une photographie de Catherine Merdy |
| Voilà des heures... par Philippe Grün |
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| Voilà des heures
qu'il marche sous un soleil brûlant. Aucun souffle ne balaye la poussière des chemins ;
aucun frémissement dans les arbres. L'herbe est triste et jaune. Sa tête est vide ; son cur endormi. Il marche, il marche Une sueur picotante embue ses yeux. Sa gorge désséchée crie la soif. Soudain il sort de sa torpeur : là-bas, au loin, sur sa droite, au dessus de la forêt qui coiffe la colline, une épaisse fumée noire Tonnerre de Dieu ! Qu'est-ce qui flambe comme ça ? Son imagination galope Un avion ? Il aurait entendu sa chute ; quoique, c'est si loin La forêt ? Possible avec cette chaleur ! Un feu de cheminée ? Pourquoi pas ? Des maisons, des usines ? Qui sait ? Ah, mais alors, c'est très grave ! Vite, les pompiers ! Bof ! À quoi bon ? Cette fumée, elle se voit ! Quelqu'un les a sûrement déjà prévenus ! Pas de communication inutile ! Il me coûte assez cher mon portable ! Et attention au ridicule : si ça se trouve, ce n'est rien : un feu de camp dans une clairière, des herbes brûlées par un jardinier, une soupe qui bout dans une maison, une productive cheminée d'usine Il marche, il marche Tout à coup il sursaute : Tiens, bizarre ! La fumée a disparu ! A-t-il donc rêvé ? Est-ce dans sa tête qu'un feu pétille ? Brusquement il s'enflamme. Aucun doute : il brûle pour elle. |
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Philippe Grün |
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