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I
La femme aux cent figures
tourne autour de loutil
défiant le sculpteur
elle senfuit sans cesse, résistant au regard
contrefaisant le clown en souples pitreries,
vénale,
elle prend dix mille corps et se fait désirer
la silhouette savance dans lespace, navire sans barre
elle fend lair du temps pour traverser la ville
toute hérissée sous la main de lartiste
elle frissonne aux caresses de lhomme
il façonne, il détruit, il laime
il la couve
sous la matrice reine
les formes de la femme naissent et disparaissent
jouets imprévisibles
suspendus au souffle de ses mains
II
C'est un rameau de bois flotté
Laissé par la mer
Refluée
L'enfant l'a recueilli
Il trace de longues routes de sable
Sur la plage mouillée
Un cercle danse autour de lui
Magique
Et le bâton devient sextant
Compas ou barre, cerf-volant, oiseau migrateur
Il emmène
le rêve à lautre bout de l'eau
Mais le soir sallume aux chandelles des premières lucioles
Lenfant revient chez lui
Emporte le cadeau des vagues.
Entre les planches disjointes de la case
Il voit au loin la mer disparaître sous la langue noire
Des nuages
Le petit sendort,
Bercé :
La comptine des arbres
Naît aux lèvres des coquillages
Accrochés à la branche
Posée auprès du lit
Et la nuit de Noël vient, sans coucher du soleil
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