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roues
rouages engrenages les mots fous de joie se mettent en mouvement
sétirent juste le temps nécessaire pour sortir
de leur torpeur sallongent fortement pour se sentir plus importants
font la roue comme des paons vétérans sébrouent
ou ségorgent deviennent heureusement ce beau rouge-queue
cette chanson gaillarde ce patois flamboyant les mots parmi les
humanoïdes se recouvrent de rouille ou de brillant deviennent
malgré tout roue de la fortune ségarent dans
les livres ou dans les gares sont des roses tendres des fleurs fragiles
dénudées cest connu il faut toujours les ménager
un jour le petit ru sélance ose devenir ruisseau torrent
de paroles cascade de sons aigus grelots menus petites sonnettes
de vélos pour les enfants paraboles impensables pour les
adolescents indolents rubescents ils senlacent créent
une ronde folle la fièvre de la page blanche toute vierge
encore en sa première innocence les gagne ils dansent dans
la foule en délire ils créent la houle qui envahit
les esprits ils deviennent ce ruban bleu porté par la jeune
fille ces rouspétances cette arrogance du rouleau compresseur
mais surtout cette espérance légère je les
aime tels quils sont avec leurs faiblesses avec leurs souffrances
lorsquils sont en partance pour quelque lointain soleil pour
quelque lointain désert je pense quils vont retrouver
le Petit Prince ou quelque autre merveille ils naviguent sur les
fleuves des paroles inutiles mais quimporte ils sont tellement
jeunes malgré leur généalogie reconnue ou leurs
étranges sonorités ils débarquent dans nos
vies comme des oiseaux de nuit ils sapprochent de nous nous
envahissent sans crier gare et ces mots parasites déversent
des flots didées inconnues des concepts nouveaux qui
nous font frémir nous ne pouvons même pas contrôler
leurs départs encore moins leurs retours ils sont ces oiseaux
de fièvre prêts à bondir comme des scorpions
oh ne craignez rien leur langage parfois sibyllin ouvre aussi la
porte à la poésie celle qui ne sannonce pas
celle qui entre chez toi sans prévenir ils soffrent
alors des habits de parade se revêtant de mille apparats futiles
ne sont-ils point syngnathe vert tendre yack jaune ou xiphophore
rouge quelle idée saugrenue ils ont de se parer de telles
apparences les mots simples comme amour ne sont-ils pas les plus
beaux je leur répète sans cesse dêtre
simples mais allez comment les comprendre ils aiment se donner de
limportance heureusement cest en perce-neige que lun
dentre eux ma séduit il sortait de lhiver
il est venu se blottir tout contre moi tout tremblant de fièvre
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