Une photographie de Catherine Merdy

Salle numéro sept

par Daniel Leutenegger

Géométrie variable

Sommaire

La mort m'attend vêtue d'une musique intemporelle
Je me couche sur un lit en forme de violoncelle
Et j'imagine avec volupté la douceur de l'archer sur mon corps.

L'œil du philosophe éclaire la chambre fermée par un rêve fatigué
Aucune ombre n'agace les objets,
La lumière ne généralise pas,
Elle glisse sur la matière débarrassée d'un inconscient insomniaque et débile.

Je ne suis pas seul, l'autre est là, près de moi, enfermé dans sa prison de glace.
Je te regarde, image sans relief qui me nargue de sa transparence.
Tu me tiens compagnie en ces lieux de défaites nocturnes.
Mon inauthenticité te sert de labyrinthe et de divertissement.
Je t'amuse parce que je suis !
Apparence amoureuse de ces plaques verticales à qui j'expédie une image que l'on me renvoie depuis 20 ans :
L'adresse n'existe plus.

Un escargot polyglotte traduit en silence les paroles des sages aux visages labourés
Une mousse translucide trace derrière l'animal le destin implacable de ma tendre folie et reflète dans son bouillonnement craintif les dimanches sordides à l'ombre des soutanes, des crucifix et des autels de passe.

Je n'ai plus mal aux dents, la mort vient d'entrer salle numéro sept.
Dans ma poche un billet de train déjà usé,
Celui que j'aurais dû prendre ce jour-là ?...