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Une citrouille pour les andouilles, une baguette magique, un paquet
de nouilles et les Assedic! Certes la patate, ça donne la
frite, mais deux patates, ce nest pas encore gagné!
Quand il n'y a plus un radis, restent les navets à la télé
mais ce nest pas ainsi que nous prendrons des leçons
de tolérance ! Trèfle de plaisanterie, comme dirait
un lapin dans un carré de luzerne.
Regardez plutôt chez les choux, comme cest chou! Il
y a les choux blancs, mais aussi les verts, les rouges, les choux-fleur,
les choux chinois, les choux raves, les choux de Bruxelles et même
les choux frisés! Ils coexistent dans la plus parfaite égalité
et vous, de quel chou venez-vous? Sinon, il y a toujours la carotte
pour vous faire avancer !
Mieux vaut être poivron que poivrot, cest sûr
mais faut tout de même pas nous prendre pour des concombres
! Quant aux oignons, chacun les siens et les vaches seront bien
gardées! Pour ma part, je suis végétarienne,
chacun végète à ce quil veut non ?
Et chez les haricots comme chez les choux, on pratique louverture
: haricots blancs, haricots verts, haricots rouges, haricots secs
et même haricots beurre (que certains innommables voudraient
bouter hors de France?)
Voyons, échalote rime avec culotte mais ce n'est pas de
ma faute! En tout cas, si elle sent lail, il est temps de
la changer
Ou alors croquez vite un grain de café !
Les lentilles ? Ce sont de braves filles, mais pas forcément
Suisses, les lentes filles. Non, non, ne riez pas la bouche pleine
!
Marjolaine ? Une jolie donzelle qui aime les tomates juteuses et
bien en chair, cueillies à maturité avec son amant
le basilic, roi du pistou, de la cuisine ensoleillée!
Une pensée pour les frères artichauts aux curs
tendres, si convoités malgré quon les dise frivoles...
Ils savent mettre en tout cas les petits pois dans les grands même
sils ne payent pas les pois cassés ! Pois carrés,
pois senteurs, pois chiches, on recommence!
Les fèves? Qui n'en fait pas? Que celui qui n'a jamais venté
me jette la première!
Passons à l'exquis et aux friandises. Veuillez me suivre
!
Voici les pâtes et les nougatines, les fruits séchés
au soleil, la danse des mille parfums et des sept épices.
Le clou de girofle qui transforme une pomme en tentation et la
cannelle qui met le feu à lhiver.
Le cumin qui couronne les fromages, le curry au parfum de gare
lointaine et la muscade si troublante.
Le piment qui enflamme les papilles et couvre les narines de petites
perles de sueur !
Et je ne parle pas de la vanille et du gingembre qui taquinent
le rhum, ni de la coriandre, ni de la cardamome qui fait voyager
le thé, ni de lanis sur les comptoirs de Marseille
!
Mais voyez cette noisette au subtil arôme de bois brûlé
! Cette noix bien en chair, deux jumelles dorées qui reposent
dans leur berceau de bois et une poignée d'amande aux courbes
flamenca, à la saveur fondante, légèrement
amère.
La pêche, on en a trop dit. Quel est-donc ce fruit de l'arbre
dit pêcher, qui n'a rien à voir avec le paradis et
pourtant on croirait y goûter ? Le velouté de la peau
et le fondant de la chair...
La framboise, friandise, encore meilleure quant elle est sauvage,
joli bonbon, petite pierre précieuse, un bijou suave de raffinement
bon enfant ! Son jus est un nectar qui fond dans la bouche !
L'abricot équivoque et délicat, destiné à
s'ouvrir, à offrir sa chair juvénile à la bouche
gourmande qui y mordra.
Quant à la mûre, cest une sauvageonne qui aime
à vous entraîner dans les ronces. Son baiser vous laisse
les lèvres en sang, un jus de jardin perdu que vous léchez
avec ravissement.
Les prunes ! Jaunes, bleues, rouges, vertes, demoiselles sucrées
et juteuses, les fruits du sourire. Celle dAgen quand elle
est sèche, mieux vaut la voir en confiture quen pleine
figure !
La mirabelle, la plus sage, complice des grands-mères, offre
le meilleur delle-même dans les tartes et les clafoutis,
les délicieux secrets de l'automne !
La reine-claude, la plus piquante, peut avoir la peau dure mais
elle s'assouplit à merveille dans l'eau de vie.
Quant à la prunelle, elle est souvent plus douce dans les
yeux que dans la bouche.
Ô le raisin, si adulé, fruit de Bacchus et des ivresses
profanes, sang du bassin méditerranéen mêlé
à l'or végétal tiré de lolive
!
Figues bacchantes, de votre blessure perle une goutte de sperme,
transgression du sacré, mais pas trop sinon gare au mal au
ventre!
La poire, une dame goguenarde et juteuse, ses petits grains croquants
sous la chair, petite et acide ou voluptueuse et sucrée,
chacune son charme, le fruit de la bonté.
Jen oublie tant, des délices et des merveilles, fruits
et légumes, herbes, graines et racines mais je ne voudrais
pas vous provoquer dindigestion ! Juste un poème peut-être
pour le cur et les papilles car cest tellement meilleur,
quand le poète descend à la cuisine !
Une pointe de muscade, une perle de grenade,
Un soupçon de paprika, quelques feuilles de coca,
Une pincée de safran, un sourire d'enfant,
Une poignée de soleil, un peu d'oseille,
Une fiole d'amour, une calebasse de tendresse !
Une envolée de compassion, un fruit du même
esprit,
Une fraise entre les doigts, une mûre au coin des bois
Et des myrtilles pour les jeunes filles!
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