Femmes

de Chantal Cudel

Femmes, femmes

Sommaire

 

L'enfant de la vieille


L'enfant de la vieille
Sans cesse bouge et veille,
Déchire les étoiles
Arrache tous ses voiles

L'enfant de la vieille
Cisaille le silence
Sur l'arc du ciel danse

Arrache de son sein
Une vie qui finit
Se l'approprie et rit
En flèche vers le soleil

L'enfant de la vieille
Sous ses cils baissés
Sous son pouce têté
De la vieille ne sait
Qu'un long et doux refrain

La vieille dans l'enfant
Est là déjà, têtant.


Absence


Toute en creux douloureux
Toute en creux désertés
De l'épaule sans ta bouche
Au feuillage fermé
De la hanche en dérive
Sans ta main amarrée
A mes seins de givre
Au galbe délaissé
Tu m'es cri
Tu m'es absence
Tu m'es silence
Tu m'es souffrance.
Toute en suave inventé
Toute en vagues échouées
De ta bouche fermée
Sur nos baisers d'hier
A ton ancre couchée
Au lit froid du désert
Tu m'es souffrance
Tu m'es silence
Tu m'es absence
Tu m'es cri.



Fugitive


Elle n'était que jolis gestes,
La main au col de la veste,
le doigt levé avec grâce
A l'anse fine de la tasse.

Elle n'était que jolis gestes,
De mains en feuilles d'automne,
De doigts au toucher de l'homme,
De hanches qui désarçonnent.

Elle était jolie garçonne
Et femme fidèle au lit,
flamme joliment courbée
aux bras de l'homme couché.

Elle était
Mais elle n'est plus,
Au vent, elle a disparu.