Non,
ce n’est pas le roi de Babylone,
mais régnant souverain sur notre maisonnée,
il mérite bien qu’ainsi on le nomme !
On dit Nabu parfois, ou Kodo rarement,
et Zor, le plus souvent !
Car son nom est si long, si long,
que lorsqu’on l’appelle
Sa Majesté, avant de répondre,
a le temps de faire le tour du monde !
Oui, ils sont comme ça les chats…
N’en font qu’à leur tête !
Mais… ah ce qu’ils sont câlins, charmeurs, un
peu poètes !
Donc, le plus souvent, on dit Zor
et cela glisse, c’est rapide,
parfait pour celui qui se prend pour un tigre !
Mais lorsque le Zor en question
commet quelque fredaine qui exige un sermon,
alors on le lui lance, son titre historique
en martelant bien les sons pour faire plus dramatique :
Na bu cho do no sor !!!
Avec chaque syllabe, un regard en vrille,
un geste qui se veut menaçant (mais tout ça, en
famille !)
Et notre beau tigre s’asseoit tout bonnement,
moustaches en éventail
avec un bâillement,
et posément procède à sa toilette.
Une lèche par-ci, une lèche par là,
puis frotter la patte derrrière les oreilles
et ça, c’est signe de pluie, n’en doutons pas!
Il faut s’attendre à quelque averse . . .
Ainsi se venge ce rusé
d’une accusation fort injuste :
le vase brisé ? Ce n’est pas lui,
c’est un mauvais coup des souris.
Et c’est moi, Zor, qui vous le dis !
Ronron et petit patapon
vite qu’on me serve ma collation,
de préférence du saumon
bien assaisonné d’herbe-à-chat
Mm Mm Miaou, ah que j’aime ça !
La morale de cette histoire
-- faut-il y croire ?--
c’est que Zor est un doux fripon
que l’on adore
parce que c’est lui,
notre sans-peur et sans-façon
Nabuchodonosor !