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Ils s'en vont se chercher ailleurs
Là où ils en ont l'habitude
Trimbalant leur doublure en proue de solitude
Au comptoir de midi et au zinc du soir
Ils s'attendent de l'autre côté
Sur des manèges inversés
Des fois que passerait un signe
Dans la plaie ouverte du temps
Ils se tiennent au hasard sur l'ébréché du
vide
Cap au dru des banquises vers l'étoile perdue
Sables mouvants de givre à leurs lèvres rouillées
Et le feu d'en-dedans déborde leurs yeux nus
Leurs mains échouées s'agrippent à l'entame
du jour
Dans le roulis poisseux qui débâcle leurs mots
La limaille de vivre aux éboulis du coeur
Titubant la noyade sur des reflets de vase
Et tangue la brûlure d'un soleil de métal
Dans un chahut d'entailles et de ravines crues
L'aventure vertige et spirale à l'abrupt
Ressasser le ressac d'un rêve de partance
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