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Dès l'entrée, et jusque dans la bibliothèque,
s'alignent chez Sandra, en rang sur les étagères,
des pots de verre transparent qui ont du servir à conserver
des compotes de fruits. Sa grand-mère les faisait à
l'ancienne, sans sucres ajoutés, et les protégeait
sous un bouchon de paraffine.
Et c'est sous un bouchon en liège qu'ils renferment aujourd'hui
des plages et des déserts. Toute une collection de sables.
Des milliards de minuscules grains de pierre, en toutes les couleurs.
Bien sûr, tous ceux qui visitent un lieu où on trouve
du sable sont priés de lui en rapporter un échantillon
en sachet.
On croise chez elle des mirages du Sahara traversés par
des caravanes de nomades et de chiens noirs, errant, des criques
isolées où viennent vivre les pirates quand ils ne
sont pas à pourchasser un butin, des châteaux immenses
garnis de coquillages où s'abritent les enfants, l'espace
d'une marée. On trouve de la mémoire, un chenal vers
ailleurs, des certitudes et des doutes, et on trouve des provisions
intarissables d'espérance que Chloé vient contempler
longuement à l'heure du thé.
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