Une photographie de Mari Mahr

La collection de sables

de James

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Dès l'entrée, et jusque dans la bibliothèque, s'alignent chez Sandra, en rang sur les étagères, des pots de verre transparent qui ont du servir à conserver des compotes de fruits. Sa grand-mère les faisait à l'ancienne, sans sucres ajoutés, et les protégeait sous un bouchon de paraffine.

Et c'est sous un bouchon en liège qu'ils renferment aujourd'hui des plages et des déserts. Toute une collection de sables. Des milliards de minuscules grains de pierre, en toutes les couleurs. Bien sûr, tous ceux qui visitent un lieu où on trouve du sable sont priés de lui en rapporter un échantillon en sachet.

On croise chez elle des mirages du Sahara traversés par des caravanes de nomades et de chiens noirs, errant, des criques isolées où viennent vivre les pirates quand ils ne sont pas à pourchasser un butin, des châteaux immenses garnis de coquillages où s'abritent les enfants, l'espace d'une marée. On trouve de la mémoire, un chenal vers ailleurs, des certitudes et des doutes, et on trouve des provisions intarissables d'espérance que Chloé vient contempler longuement à l'heure du thé.





 

James