Bien des
accointances pourraient être relevées concernant ce spectacle de lIVT
(International visual Theatre) mis en scène par Thierry Roisin avec le
film «Dancer in the dark» de Lars von Trier!...
Woyzeck et Björk associés dans un même projet,
pourquoi pas? Celle de nous faire plonger au cur dune douleur
humaine indicible par les voies dun imaginaire onirique et lyrique,
celle daccorder la prévalence aux signes et aux gestes plutôt quà
la parole toujours paradoxalement empêtrée dans le non-dit, celle
enfin de considérer la mort, comme le soulagement dun fardeau moral
devenu trop pesant!...
Illustrant la pièce de Georg Büchner à la manière
dun film muet en noir et blanc, la compréhension des intentions
sen dessine par lamplitude de la gestuelle, lélasticité du
temps et la communication écrite!...
Un grand tableau noir, un écran dombres
chinoises, un synthétiseur de sons musicaux, des micros pour une
traduction live, tout concourt à nous rendre proche les tergiversations
muettes de Woyzeck confronté à ses tourments et ses démons intérieurs!...
Cette suite de fragments de vie peut se lire comme un
puzzle qui en cercles concentriques successifs approfondirait et
cernerait peu à peu lorigine des maux sans jamais en atteindre la
substance psychique!...
Qui donc seraient plus légitimes que des comédiens
sourds pour nous transmettre cette adaptation de Woyzeck grâce à ce
catalyseur de tous les sens, quest le langage des signes?
Un moment rare comme suspendu dans la Galerie de la
Cité Internationale où les mains des spectateurs muets sagitent
gracieusement comme des marionnettes afin de signifier leur
reconnaissance et leur satisfaction!...
|