Durant deux mois en alternance sur les planches de la Maison de
Molière, un auteur se prenait pour Dieu et vice versa!...
La
vie devint une métaphore du Théâtre pour laquelle
ce créateur (Andrzej Seweryn) distribua les rôles
en vue d'une représentation unique et au terme de laquelle
une évaluation sans concession attribuerait à chacun
son mérite selon l'accomplissement de la tâche ludique
dévolue!...
Ainsi
le Roi (Eric Ruf), le monde (Thierry Hancisse), la beauté
(Elsa Lepoivre), le riche (Jean-Pierre Michaël), le laboureur
(Christian Cloarec), le pauvre (Michel Robin), la sagesse (Catherine
Salviat), la loi de grâce (Céline Samie), lenfant
mort-né (Audrey Bonnet), sincarnaient en des concepts
vivants sur un ring balisé par des cordes symbolisant léphémère
temps du spectacle sous la vespérale lueur de la «servante»!...
Des
consignes strictes de mise en scène dispensaient de répétitions
fastidieuses!... lhumilité devenait le talent suprême
auquel chacun devrait aspirer sil entendait se construire
un destin déternité apaisée!...
La
règle du jeu était claire: «Agir bien car
Dieu est Dieu»!...
Cette
tautologie fondamentale masquerait néanmoins le terrible
combat que se livrerait en seconde partie lâme et
le corps au point de réclamer leur séparation «de
leur vivant»!...
Dichotomie
spéculative aux conséquences redoutables que suscitait
le travail de sape systématique du péché
singeant la Mort (Madeleine Marion), sans en posséder les
prérogatives!...
Pedro
Calderon de la Barca a effectué une entrée remarquable
à la Comédie- Française sous la houlette
de Christian Schiaretti laissant la nudité du plateau sublimer
lesprit du spectacle vivant, au point den livrer une
substantifique épure théologique!...
Theothea
le 10/05/04