Théâtre sans animaux

de Jean-Michel Ribes

Mise en scène:  Jean-Michel Ribes

par Theothea

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Théâtre Tristan Bernard
Tel : 01 45 22 08 40

 

Sommaire Théâtre

       

Jean-Michel Ribes est une valeur sûre, et c’est sans risque que nous pouvons annoncer un plébiscite pour sa nouvelle création au titre a priori énigmatique: «Théâtre sans animaux»!...

Définir ou nommer par la négative pourrait d’emblée sembler superfétatoire, mais si l’auteur avait appelé sa pièce uniquement «Théâtre», que n’aurait-on dit, n’est-ce pas?

Donc comme tout doit être logique afin que l’espèce humaine se rassure elle-même, la kyrielle de saynètes qui vont se succéder, aura beau jeu d’éclairer de manière incontestable la pertinence du titre et ensuite la conviction exacerbée des acteurs emportera une adhésion générale à l'égard de la philosophie du paradoxe élevée par l’auteur-metteur en scène, en véritable art de vivre ou de survivre selon l’humeur du moment!...

Au cours d'une  prestation hilarante d'Annie Gregorio, le paroxysme du délire est atteint de manière désopilante, lorsqu’un couple marié sur le point d'accueillir à la sortie d’une loge de théâtre, la soeur de l'épouse venant d’interpréter le rôle de Bérénice, le mari refuse catégoriquement de féliciter sa belle-soeur!... C’est peu de dire qu'en la circonstance, la mauvaise foi semble prendre le relais à des siècles d’évolution d'intelligence humaine qui aurait égaré en chemin le minimum de bon sens et de savoir-vivre!...

En provenance, selon l'auteur, d’un état aquatique initial pesant, l’espèce humaine tendrait à une liberté toute aérienne!... C’est grâce à son entendement que l’homme serait censé parvenir à cette évolution!... Et cependant comme dans une progression inversement proportionnelle, au fur et à mesure que son cerveau se raffine, ses pieds se prennent lamentablement dans des sacs de noeuds qui semblent lui remonter à la tête qui elle-même se gonfle illico!...

Pitoyable mais forcément drôle et irrésistible, cet agencement de fables «sans animaux», renvoie effectivement une image miroir peu flatteuse de l’ambition culturelle et civilisatrice de nos sociètés, mais il faut avouer que la complaisance avec les compromis s’avère fort savoureuse!...

Theothea le 06/09/01