Voilà un spectacle dont la notoriété va s'établir
en fonction du bouche à oreille avec comme sanction son
temps de présence à l'affiche: Salle de jauge moyenne,
budget raisonnable, promotion restreinte mais ambition artistique
maximale!...
Faisant le pari de la qualité, la mise en scène
est confiée à Jean-Louis Martinoty ex-administrateur
de l'Opéra de Paris, la réalisation musicale à
Richard Cocciante, le texte des chansons à Elisabeth Anaïs,
le décor à Hans Schavernoch, les costumes à
Jean-Charles de Castelbajac, et c'est avec des concepts de sobriété
de jeu, de proximité émotionnelle, de teintes vives
sur fond pastel, de respect absolu de l'oeuvre, qu'une volonté
partagée par tous doit porter sans conteste à l'excellence!...
C'est au service de ce petit prince dont la passion intérieure
devra s'apprécier à l'aune d'un poème symphonique
que cette comédie musicale s'installe tranquillement en
cet automne 2002 au Casino de Paris, laissant présager
une montée en puissance irrésistible!...
Alors bien entendu il y a Jeff, le garçon de 14 ans, emblème
de ce formidable enjeu artistique qui à l'instar de ses
partenaires partage son rôle en alternance avec d'autres
comédiens de son âge, se fondant tous dans la perspective
universelle et intemporelle du conte!...
Ainsi Daniel Lavoie en incarnant Saint-Exupéry peut laisser
sa place à Laurent Ban qui lui-même joue les autres
soirs le rôle du "Vaniteux"; aussi sans que tous
les acteurs soient interchangeables certains se relaient et se
complètent afin d'assurer la plénitude de chaque
représentation!...
La magie du décor a fait l'objet d'une prééminence
évidente qui, de l'espace sidéral des planètes
jusqu'à la spiritualité du désert de sables
terrestres, induit une réflexion philosophique influençant
le subconscient des spectateurs au point de leur permettre de
revivre avec l'innocence de l'enfance, la force rédemptrice
du mythe!...
Ici pas de piège médiatique, pas d'ensorcellement
collectif, seulement l'attraction fascinante d'un imaginaire que
chaque être humain est en mesure d'étouffer ou d'épanouir
selon son gré et celui de ceux qui l'éduquent!...
"L'essentiel est invisible pour les yeux, on ne voit bien
qu'avec le coeur..."
Cela pourrait aussi s'appeler le respect de l'autre: "S'il
te plaît, apprivoise-moi!..."
Theothea le 25/11/02