"Il n'y a que Maille qui m'aille!... "
Vous
souvenez-vous de cette publicité assez chic des années
soixante pour une moutarde en quête de notoriété?
Maïwenn
en s'investissant sur le terrain de la famille "tuyau de
poêle" en voie de recomposition élabore instinctivement
sa créativité artistique dans une perspective consonnante
similaire:
Pour
sûr que la comédienne est piquante, mais son besoin
de reconnaissance est d'autant plus manifeste qu'il lui faut être
le point de mire d'un désir exclusif!...
D'une
sensualité exacerbée avant l'âge requis par
une dynastie d'égéries érigées en
modèle par Catherine le Besco sa propre mère, Maïwenn
s'identifie à son corps défendant aux Isabelle Adjani,
Valérie Kaprisky, Mathilda May et autre Sophie Marceau
de l'époque voire même Marylin Monroe & Brigitte
Bardot consorts!...
Un
parangon valant bien un autre fantasme, c'est plutôt vers
la Jane Birkin de "Blow up" mâtinée de
la Béatrice Dalle de "37°2" que nous calculerions
la divine!... Mais qu'importe pourvu qu'elle est l'ivresse!...
Effectivement
la comédienne a "la pêche", elle prend
de toutes évidences un malin plaisir à séduire
encore et toujours plus.... se jouant des délices du paroxysme!...
Psychanalyse
assumée et parole recouvrée, l'auteuse a pour son
coup d'essai dramatique jeté son dévolu sur ce qu'elle
connaît le mieux, son entourage le plus proche!...
Galerie
de portraits élaborés en stéréotypes
décalés, elle prend conscience de son goût
pour la dérision et s'emballe illico en un train iconoclaste
où les rôles traditionnels tombent comme des quilles
de pacotille!...
Devenant
son propre chef d'oeuvre, elle éprouve jusqu'à la
lie le plaisir infini d'exister devant un public d'autant plus
fasciné qu'il se pressent protecteur du papillon sortant
de sa chrysalide!...
Une
merveille de récurrence à laquelle la comédienne
semble cependant décider à mettre un terme le samedi
4 janvier 2003 au Café de la gare, non sans par la suite,
à l'instar de son alter ego masculin, Philippe Caubère
fixer à jamais l'héritage cinématographique!...
Certes,
la belle se flatte d'être "un pois chiche" incontrôlable,
ingérable, complètement hystérique (sic),
assurément il n'est pas malaisé de déceler
en elle, au-delà du métissage de ses origines celtes,
asiatiques et arabes, un appétit talentueux à faire
"le clown" pour la galerie, c'est cependant son farouche
désir d'autonomie pour maîtriser de bout en bout
le processus de création artistique qui garantit le label
"Maïwenn":
"Il
n'y a que Maï qui lui aille"!
Theothea
le 20/12/02