PIEDS NUS DANS LE PARC

de  Neil Simon

mise en scène  Steve Suissa

Théâtre Marigny / Popesco

Tel: 01 53 96 70 20



par Theothea

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Sommaire Théâtre


 

   Photo David Koskas

      

Fallait-il mettre en péril leur jeune couple parce que son partenaire avait refusé d'aller se promener pieds nus dans le parc?

Corie pense que cet évitement est signifiant d'un état d'esprit qu'elle stigmatise et c'est pourquoi il est préférable qu'elle quitte Paul sur le champ, puisqu'ils ne sont pas fait du même bois.

Voilà les faits, mais ceux-ci ne tiennent pas compte d'un contexte débiteur au profit d'un mari accaparé par ses récentes responsabilités professionnelles d'avocat et surtout désemparé par l'attitude surprenante et fantasque de son épouse.

Il faut dire qu'elle leur a déniché un petit nid d'amour perché au 10ème étage sans ascenseur d'un immeuble interlope de New York où le moindre des charmes ne serait pas qu'il neige au travers de la verrière!...

Si l'on ajoute que sa mère aussi sympathique soit-elle n'est pas forcément un cadeau pour la sérénité de leur ménage, d'autant que Corie s'est mise en tête de lui faire rencontrer un voisin d'appartement du genre aventureux.

Mais tout cela est moindre, car l'histoire importe peu au regard de ces personnages romanesques qui, en confrontations avec les obstacles de la vie, révèlent des caractères trop entiers, ne demandant toutefois qu'à être affinés pourvu que leurs efforts respectifs soient appréciés à leur juste valeur!...

C'est donc avec une main de fer dans un gant de velours que la direction d'acteurs (Steve Suissa) va trouver les raidillons de la subtilité se mettant au service de la caricature.

Et à ce petit jeu Béatrice Agenin (ex-sociétaire de la Comédie-Française) n'est pas la dernière à savoir maîtriser les contradictions de son rôle de belle-mère, en face de Thierry Bosc qui, lui, doit laisser libre cours au minimum de retenue socialement acceptable pendant que Denis Sabbah est en charge d'effectuer les transitions en remettant les pendules à l'heure ou plus précisément le téléphone en état de marche.

Mais évidemment la palme va revenir aux jeunes tourtereaux, à savoir Sarah Basiani débutant sur les planches après deux années de cours au Lee Strasberg Theatre institute de Los Angeles et son partenaire Olivier Sitruk déjà bien aguerri à la scène.

Alors comment ne pas reconnaître le sourire de Romy Schneider quand de face la morphologie du visage de Sarah semble se cloner dans la vision d'un temps suspendu?

Cependant convaincue que "fille de" n'est pas une rente, ce n'est qu'après dix années de vocation rentrée au profit d'autres disciplines culturelles que Sarah aurait enfin décidé le détour d'une formation outre-Atlantique afin de commencer à 26 ans la découverte d'un métier qu'elle semble désormais embrasser à pleines dents.

Voilà une pièce pour laquelle le bouche à oreille va de soir en soir renforcer la conviction de ses protagonistes que plus ils se lâchent sous contrôle, plus ils gagnent en performance comique!...

 



Theothea le 05/10/05