Le jardin des apparences

de  Véronique Olmi

Mise en scène: Gildas Bourdet

par Theothea

theothea.gif (3134 octets)

Théâtre Hébertot

Tel:  01 43 87 23 23

Sommaire Théâtre

Comment se fait-il qu'avec un metteur en scène aussi compétent que Gildas Bourdet, un sujet aussi fort et des comédiens aguerris, nous restions en définitive en manque d'émotion réelle?

Ce jardin des apparences est présentée par son auteur, Véronique Olmi comme un vaste jeu de cache-cache avec la vie!

Deux couples se retrouvent auprès d'un père que la maladie va emporter incessamment! Chacun trompera le temps compté en faisant la mesure de son anxiété face à l'ennui d'être en parenthèses de sa propre existence!...

Pour ses deux filles (Claire Nadeau et Marianne Epin), comment trouver les mots pour se rapprocher de l'être aimé, en tentant de savourer ces précieux instants?

Pour les deux gendres (Jean-Pierre Bouvier et Jean-Yves Roan), comment assurer auprès de leurs épouses respectives un soutien affectif, en sachant conserver la bonne distance de ceux qui ne sont que les "pièces rapportées"?

Mais voilà que là où la subtilité des intentions et des gestes devraient se lire au travers du prisme du non-dit et des paroles en trompe l'œil, la tentation de la caricature a d'abord gagné l'attitude des maris qui sont a priori considérés par Armand, le père, comme des gêneurs!…

Même les filles, dans la crainte d'un pathos insupportable, semblent gagnées par le comportement fébrile, alors même qu'elles souffrent, chacune à leurs manières, de cette nostalgie qui s'en est allée avec le souvenir du bel ordonnancement de leur jardin familial!…

La confusion ayant gagné tant les hautes herbes que les âmes, les sentiments se contournent désormais comme des empêcheurs de tourner en rond, livrés poings et pieds liés aux lendemains sans mémoire!…

Seule, Sabine la plus jeune, tente maladroitement la percée vers l'intime, mais échoue en proie aux vertiges de l'annonce du diagnostic médical!…

Toute cette valse hésitation trouve néanmoins son pain béni dans l'interprétation du patriarche, grâce à Jean-Paul Roussillon!…

C'est peu de dire que celui-ci compose avec une vérité transcendante, le portrait d'un vieil homme mal léché, bougon mais le cœur sur la main!…

Sa disponibilité de condamné à mort par intuition le rendrait apte aux confidences, aux regrets effacés, au réconfort du toucher; mais l'évidence se fait jour; le rendez-vous sera quelque peu raté!…

En effet, cette histoire d'une rencontre filiale ultime prendra sur la scène du théâtre Hébertot, la tournure d'une pièce à côté de laquelle nous passons, sans pouvoir en ressentir l'intensité, restée dissimulée par le mime de la vie!

Theothea le 07/02/02