Renvoyant
dos à dos les organisateurs de stage et les candidats aux
expériences de l'extrême, la mythomanie des gourous
ne semble rien avoir à envier à la perfidie de stagiaires
bien décidés à épuiser la sève
nourricière d'animateurs, victimes de leur volonté
de vouloir trop bien faire!
Comprendre
la pièce élue en 2004 par Stephan Meldegg qui tel
un orfèvre a l'habitude de transformer ses choix pour le
Théâtre La Bruyère en pièces aspirant
aux Molières comme le serait un divertissement apte à
remettre en question le principe dynamique de stages intensifiés
afin de mieux en percevoir les motivations sous-jacentes et en
pérenniser leurs raisons d'être, pourrait être
la perspective d'une ambition accordée aux auteurs (Olivier
Dutaillis et Joêlle Seranne) devant se révéler
en porte à faux avec leurs objectifs!
Et
pourtant les trois personnages de ce happening (Attica Guedj,
Joelle Seranne, Jean-Luc Porraz) mis en scène dans un chalet
en pleine montagne ne vont cesser de démonter à
leurs insu, les mécanismes pervers qui les réunissent
pour le pire, et voire le cas échéant le meilleur!
Bien
entendu, c'est le rire qui doit sortir victorieux d'une lutte
entre les deux femmes (Marie-Jo et Béatrice) engageant
une course de fond vis à vis d'un pouvoir qui devrait rendre
à leurs propres yeux, la validation de leurs efforts surhumains
à maîtriser si non autrui, tout au moins l'image
qu'elles ont d'elles-mêmes!
Vaste
sujet qu'un tiers (Jeff) profiteur des bénéfices
secondaires engendrés par le duel, sera censé arbitrer
par son talent de percussionniste n'en finissant de mettre de
l'huile sur les murs plutôt que de les adoucir!
Complices
d'un jeu qui renvoit chaque protagoniste dans les cordes d'un
ring où retentit le gong de l'intérêt personnel,
chacun en prendra pour son grade et le mérite reviendra
au spectateur de ne porter aucun jugement de valeurs à
l'égard de l'ensemble des comportements respectifs!
Theothea
le 05/09/04