Les danseurs de la pluie

de Karen Mainwaring

Mise en scène : Muriel Mayette & Jacques Vincey ***

par Theothea

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Théâtre du Vieux-Colombier

Tel: 01 44 39 87 00

Sommaire Théâtre

 

 

 

Le jour où la pluie viendra, alors....

Au bout du bout du monde, trois générations de femmes se sont façonnées un fragile modus vivendi sans cesse remis en question par les états d’âme de chacune d’entre elles!... C’est Rita dans la force de l’âge qui préside de fait avec autorité, aux destinées de ce trio vivant en reclus dans l’immense désert australien.

Mais que diable allaient-elles faire dans cette galère aride et hostile ? C’est vingt-cinq années plus avant que se trouve l’origine de cette implantation, alors que Dan emmenait sa mère et son épouse pour s’installer dans un coin reculé afin notamment d’y donner naissance à Kat!...

Quelque temps plus tard, il les quittait toutes trois pour poursuivre, on ne sait quel démon!...

Et puis voilà qu’aujourd’hui il est de retour, avec la même superbe et le même aplomb qu’autrefois, ayant à l’esprit on ne sait trop quel intérêt calculé!...

Sa fille le découvre, en même temps que le sexe opposé; sa mère affaiblie par l’âge, le reconnaît à peine que comme un gamin fugueur; quant à sa femme, c’est peu de dire que l’ambivalence de ses sentiments la porte au rejet instinctif!...

Un rapport de forces d’abord feutré puis exacerbé va s’emparer de cette famille «recomposée», toute à l’inquiétude de l’imminence d’une pluie à la fois salvatrice et dévastatrice!...

Cette pièce de Karin Mainwaring a été remarquée en 1994 par le comité de lecture de la Comédie française associée à la SACD, avec depuis l’objectif résolu d’en faire la création en France!...

En la circonstance Muriel Mayette s’associe avec Jacques Vincey pour en façonner une mise à scène à deux têtes, masculine et féminine!...

Les deux Catherine, Samie et Ferran tiennent, en complices avérées, les rênes d’un filet où effectivement Bruno Raffaeli se trouve davantage ballotté que ne peut l’imaginer le personnage de Dan, de retour au bercail!...

De même, Julie Pilod manifeste avec une contrariété subtile, les doutes de Kat quant aux motivations du soudain retour de ce père prodigue!...

Un décor astucieux en façade d’habitation, élaboré par Hervé Boutard et pouvant, par association, rappeler une entrée de camp de la mort!...

Un magnifique travail de création qui fait immerger les non-dit, les ressentiments, les intentions contradictoires, portés à l’incandescence d’une situation extrême!...

Theothea le 04/04/01

 
                                                                                  

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