A
la manière d'une Cerisaie en bord de Pacifique, un monde qui ne
cesse de finir et sur le point de partir vers l'ailleurs, alors même
qu'une pêche au cœlacanthe rythme les fulgurances de la mémoire
collective!…
Là-bas
sur cette île des Comores, Ingrid et Julian cherchent à
apprivoiser un passé tumultueux d'activiste, alors que les
retrouvailles avec leur fille Ziska et la venue suspecte de Jacob,
avocat douteux de cette époque affranchie, tentent chacun à leur
façon de faire ressurgir la contingence du mal qui les ronge!…
Une
très belle langue pour une dramaturgie élaborée!…
Au
Sudden Théâtre, Christine Théry reste plus proche de la
direction d'acteurs que de la mise en scène proprement dite!…
A
la recherche d'une transparence du décor, les changements de scènes
sont ponctuées de petites saynètes musicales orchestrés par
Kombo, tels des "fondus enchaînés"!…
Jacques
Garsi par un effet de mimétisme troublant, semble en faisant
surgir ses réminiscences de peintre frustré et sans talent,
ramener à l'oreille du public, le timbre et les modulations de la
voix du comédien Charles Denner, comme venant de l'au-delà!…
Par
surcroît d'être l'auteur, Jacques Teissier compose un personnage
placide et étrange que les chaleurs moites rendent à la fois
voluptueux, sardonique et inévitable!…
Provenant
du fond des âges, le cœlacanthe établit une métaphore bleu océan
profond, de la mémoire humaine en proie à des tourments
ataviques, légués par de lointains ancêtres déjà en quête de
refuge improbable:
"…Et
l'œil était dans la tombe et regardait Caïn"!…
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