Comme
un funambule perché à hauteurs de vertige, Philippe
Avron tel un entomologiste progresse dans linconnu des
sentiments et des émotions en défrichant le monde
encombré de lapparence!...
Dun sursaut toujours malin, il évolue en bondissant
à la marge des préjugés et retourne, comme
un gant, lidée préconçue cachant lévidence!...
Slalomant entre le poétique et le candide, il ne laisse
en paix aucune des contradictions qui balisent le cheminement
dune pensée logique, en état de fébrilité
constante!...
Provenant insidieusement de lombre à larrière
du théâtre du Ranelagh, il savance vers la
scène, tel le fantôme quil naura de cesse
dagiter dans le collimateur du public!...
Shakespeare et consort, à savoir dans le désordre
Hamlet, Lear, Einstein, Montaigne, Jean Vilar, Peter Brook, Aznavour,
Devos et autres personnages fictifs, réels, vivants ou
non, chacun esquissera son pas de deux que des filins invisibles
dessinent dans un imaginaire léger, à la manière
dun nuage sombre de fantaisie!...
Subtil, frivole, malicieux, voire grinçant, Philippe
Avron chante un hymne aux vertus du spectacle vivant; sûr
de sa cause il sourit aux anges pour mieux déplaire aux
grincheux de la Commedia dellArte et de lhumour en
porte-à-faux!...
«Je
suis rond du bout, je suis doux de la lame, jai une poignée
confortable et réconfortante que nous appelons entre nous
la poignée Damart....»
Accessoire figurant ou acteur principal, à linstar
du maître du genre Philippe Caubère, il montre, démontre
et convainc en proférant le flux de son spectacle en temps
réel!...
Theothea le 15/05/02