La responsable
du site, Clémence Joste, nous explique que lidée de créer son site lui est venue
en voulant faire connaître à une plus grande échelle que le cercle restreint des
connaissances, le « Journal de Julie Delamare », texte quelle a beaucoup aimé, de
son amie. Et cest vrai quil est savoureux son journal à la lycéenne de
quinze ans, Julie. Quinze ans, mais déjà bien vive et alerte pour nous brosser avec
justesse et humour, la vie compliquée de son univers. Lauteur, Alice Abhervé,
âgée actuellement de dix-sept ans, nous propose dix chapitres bien conduits.
Laspect esthétique du site est sobre et la navigation classique est aisée. Les
titres, agrémentés de bonnes vieilles bavures dencre, nous rappellent avec
quand même une certaine nostalgie, les temps autrement plus difficiles de la
machine à écrire ne disposant pas à l époque, comme fonctionnalités, de la
touche « Suppr » et « Inser ».
Une page nous offre un court historique sur lart de la nouvelle tandis
quune autre nous propose un concours de nouvelles aujourdhui clos, je crois.
Le site publie aussi de la poésie et nest pas fermé à ce domaine
dexpression.
Jai parcouru les auteurs et jai remarqué la « Nouvelle sans titre
» dEloïse Livagnac, une jeune femme de dix-neuf ans qui cartonne. Le style
saccorde parfaitement au propos, nerveux et rebelle. Le texte est impressionnant,
cest du condensé de vie, de la réalité pure et dure contre laquelle on se heurte,
on se cogne, on se déchire. Cest dense et, comme dans ce monde où lauteur
nous immerge, on a du mal à reprendre sa respiration. Hyperréalisme ? Je vous en copie
tout de suite un extrait :
"Je suis assise à larrière, à côté de Christian, qui dort. La
femme de Paul est à lavant. Cest elle qui a choisi le prénom du môme,
Christian. Je le savais quelle avait des goûts de chiottes. Je lai su tout de
suite, le jour où Paul la ramenée à la maison. Javais vingt-six ans.
Jétais dans la cuisine, jaidais Maman à faire la vaisselle, jessuyais
après quelle avait lavé. On a frappé, Maman a poussé un soupir et je suis allée
ouvrir : cétait Paul, et derrière lui il y avait lautre chiotteuse
(chiotteuse cest un mot à moi, et ça veut dire exactement ce que vous croyez),
avec son sourire de coincée et une horrible robe verte."
« La mouche » de Claire Laminade est assez étonnante et nous plonge dans un
monde où les enfants sont vraiment pervers, ce qui est le degré le plus abouti de cette
déviation.
Laurent Chomarat, avec « Le piège » nous conte lui, une histoire fantastique et
cauchemardesque.
Un site donc, à ne pas oublier, comme lecteur ou peut-être auteur