Je ne résiste
pas au plaisir de déroger à la règle de
base de cette chronique qui consiste, normalement, à
vous présenter des sites littéraires. Il est vrai
que je l’ai déjà fait une ou deux fois par le
passé, notamment en vous parlant de Brassens, évidemment
à sa place si l’on s’attache à l’essence même
de notre belle langue française. Cet outil riche est
aussi musicale et efficace pour aborder avec une légèreté
apparente les thèmes retenus, y compris les plus délicats.
Avec cette idée derrière la tête, je vous
invite cette quinzaine à découvrir un trio de
musiciens effervescent et pertinent. Voici un groupe qui, en
toute humilité et sans honte, reconnaît faire de
la chanson populaire. Je me permets de préciser que le
terme populaire est à considérer au sens originel,
le mot ayant beaucoup souffert récemment d’utilisations
frauduleuses… Les Escrocs ne dérangent personne au fond
puisqu’il faut insister pour découvrir leur musique,
commander leurs disques (pas toujours en rayon). Mais ensuite,
une fois tous ces obstacles dépassés : C’est
dimanche1 !
Ils sont présents
sur la toile avec un site subissant actuellement un petit lifting,
de fait quelques pages ne fonctionnent pas comme notre curiosité
le souhaiterait. Peu importe ! il suffit de garder précieusement
cette adresse pour se tenir informé des dates et lieux
de leurs concerts. Surtout ne pas hésiter à se
déplacer, même d’une poignée de kilomètres,
pour les écouter en live. En attendant, il est possible
de lire toutes les paroles de leurs chansons et, même
si on en perd quelques miettes sans la mise en relief de la
musique, cela permet tout de même de se faire une idée
de leur travail. En effet, il y a dans leurs textes, tous leurs
textes d’ailleurs, une poésie évoquant le slam,
un humour débordant, d’innombrables clins d’œil, le recul
nécessaire de l’autodérision, le tout enveloppé
de variations cosmopolites, énergiques, dansantes ou
émouvantes selon le cas. Ces garçons-là
ont l’air de savoir se faire des amis, à commencer par
eux-mêmes, sans se prendre la tête et semblent pratiquer
au quotidien la Funky thérapie2.
Une dernière chose :
ne copier pas leurs albums, achetez-les ! Sans droits d’auteurs,
les artistes ne peuvent plus travailler librement. Tout le monde
le sait naturellement et pourtant la tentation est grande de
passer outre cette prescription de bon sens. Ecoutez encore
une fois la chanson de leur dernier album CDR night fever :
en plus de vous convaincre, cela vous fera rire !
Bon surf littéraire.
Nina Siget.
lundi 14 octobre 2002.