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Comment
ai-je pu tenir cette chronique durant plus d’un an sans jamais
ne m’arrêter sur Cervantès ? cet irremplaçable
serviteur de l’imaginaire… " La raison a des raisons
que la raison… " etc. A ma décharge, il serait
juste de reconnaître que la toile n’est pas non plus d’une
extrême générosité à l’égard
de cet auteur. Par ailleurs, il est assez compliqué de
trouver, en version papier traditionnelle, une biographie relativement
complète de Cervantès. Tout simplement par manque
de documents semble-t-il. Alors, je me demande s’il ne faut
pas oublier cette idée absurde de vouloir savoir tout,
absolument tout, sur ces petits détails sans importance
qui ont pu faire le quotidien de l’homme ? Oublier l’année
1570 et la confirmation de ses titres de noblesse, son engagement
comme soldat dans les troupes pontificales, les retrouvailles
avec son frère Rodrigue parmi les troupes espagnoles.
Oublier encore sa participation à la bataille de Lépante
en 1571 et sa blessure par deux balles dans la poitrine et un
coup au bras qui lui fit perdre en partie l'usage de la main
gauche. Oublier aussi 1575 et l’assaut, sur le chemin du retour,
par des pirates s'emparant de sa galère devant Marseille,
le faisant prisonnier, et les cinq ans de captivité dans
un bagne qui s’en suivirent…
Oublier
tout cela pour se concentrer sur l’essentiel et ne retenir que
ses débuts dans l’écriture : 1585 et la publication
de son premier roman, La Galatée ; début
1605 celle de la première partie de El Ingenioso Hidalgo
don Quixote de la Mancha, dont le succès fut immédiat ;
1613 et un nouveau succès avec les Nouvelles exemplaires ;
Voyage au Parnasse, long poème satyrique, publié
en 1614 ; 1615 et l’impression de ses meilleures comédies
(Numanchia, Huit Comédies et "entremeses"), ainsi
que la suite et la fin de Don Quichotte. Retenir encore
sa mort, le 23 avril 1616, le même jour que celle de Shakespeare…
Alors
enfin se laisser aller et surfer sur ces rares pages, dont certaines
sont en espagnol (mais vous utiliserez google pour la traduction).
Et surtout : accorder à son imagination une pause
bien méritée en lui offrant un plaisir raffiné :
l’emmener découvrir une mise en scène flamboyante,
époustouflante et magique de " Ay QuiXote ! "
par le Teatro Malandro. Le travail d’Omar Porras est un enchantement
pour les yeux, le corps et l’esprit. Il dégage une énergie
phénoménale et transmissible dont on conserve
le bénéfice longtemps encore après avoir
quitté la salle…
Bon surf
littéraire.
Nina Siget.
Liens :
http://www.csdl.tamu.edu/cervantes/english/ctxt/cec/
Les mémoires
de Rossinante : http://perso.wanadoo.fr/aa.duriot/les-memoires/de-rossinante.htm
Pour connaître
les lieux et dates de la reprise : http://www.malandro.ch/fra/Frameset.htm
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