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Bertolt Brecht

 

 

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présenté par Nina Siget

Le site de Nina Siget

 

Je n’ai pas pour habitude dans cette rubrique de parler de politique : nous sommes nombreux à ne pas le faire en public, ni dans nos conversations privées au prétexte que ce type de discussion génère inévitablement des conflits. Or, pour la première fois de mon existence, je le regrette. En effet, nous ne pouvons pas, d’une part, reprocher à nos gouvernants de ne pas exposer leurs projets politiques et, d’autre part, refuser d’en discuter nous-mêmes ! Après ce triste résultat du premier tour, je me dis que le silence est une erreur. Nous sommes tous, à des degrés divers, responsables de la montée de l’extrême droite depuis vingt ans dans notre pays. J’ai envie d’ajouter : dans notre Europe. A refuser de voir l’évidence, cette dernière nous a cruellement rattrapés.

J’ai donc choisi de vous parler de Brecht cette quinzaine ; cet immense auteur allemand dont on a tendance parfois à oublier l’importance dans la littérature en général, et le théâtre en particulier. Bien entendu, il ne s’agit pas de prôner ici des idées marxistes que je ne partage pas ; je vous rassure leur extrémisme me dérange tout autant. Non. En revanche, je crois sincèrement que les artistes, quel que soit leur domaine d’activité, ont et auront toujours un rôle à jouer dans la société de leur époque ; certains le payent très cher, y compris au prix de leur vie, dans des pays qui accordent une place aux extrémismes de tous bords. Vous l’avez compris, la visite du site concernant Bertolt Brecht n’est pas un cyber choix mais un acte engagé. Alors, ne vous arrêtez pas au caractère austère ou au fond d’écran jaune paille de ce site, mais fouillez les liens vers d’autres, explorez chaque page (honnêtement, je n’ai pas eu le temps de le faire minutieusement pour vous…). Lisez, lisez sans cesse, lui et d’autres auteurs : pour comprendre, pour apprendre, et surtout pour ne pas recommencer.

Pour mémoire, je ne peux vous quitter sans vous permettre de lire ce texte écrit par Bertolt Brecht en 1933 :

Du caractère incalculable des événements historiques.

Le peintre en bâtiment est venu au pouvoir non seulement par un coup d'Etat, mais encore par le jeu de la légalité. Son parti était brusquement devenu le plus puissant de tous, si bien qu'il lui revint légalement de former le gouvernement. Le peuple était plongé dans le plus grand désarroi. Beaucoup votèrent pour cet adversaire de la démocratie parce qu'ils étaient démocrates. Il y avait aussi les innombrables mécontents, insatisfaits de certains partis - les partis existants - et prêts à rallier celui du peintre en bâtiment puisque, n'ayant jamais gouverné, il n'avait pas encore eu le temps de faillir. Les veaux, insatisfaits de ceux qui les tondent, les nourrissent et les gardent, résolurent en désespoir de cause d'essayer le boucher.

Bon surf littéraire.

Nina Siget.

Dimanche 28 avril 2002.

 

Adresse : http://users.skynet.be/oper4sous-brecht/index.html