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Il
est des livres qui nous font rêver longtemps encore après avoir
refermé la dernière page. Des livres pour lesquels il nous reste
le sentiment qu’elle se fermera jamais tout à
fait… Ces livres-là sont sur notre table de nuit où plus loin
mais toujours à portée de main, prêts
et disponibles, pour s’y plonger à nouveau dès que le besoin
s’en fait sentir. La magie existe entre eux et nous. Et pourtant
le mystère demeure entier entre nous et eux.
Comment ?
Pourquoi ? Difficile de savoir ce qui éveille les émotions
individuelles, de comprendre ce qui se passe entre les mots
et le lecteur. Certains affirmeront que seule la personnalité
du héros, identification probable, les a définitivement enthousiasmés.
Oui, bien sûr. D’autres seront séduits par le style, la syntaxe.
Evidemment. D’autres encore vous glisseront à l’oreille qu’ils
achètent ce livre parce qu’il est écrit par leur auteur favori,
dont l’œuvre entière est sagement rangée sur l’étagère centrale
de leur bibliothèque. Tous ont raison puisque « leur raison »
est la meilleure !
Seulement,
je dirais qu’il en manque une, et de taille : l’éditeur.
Pour
que l’osmose se réalise, il faut un subtil mélange de tous ces
ingrédients pour parvenir à l’équilibre. Mais un auteur peut
bien écrire le meilleur manuscrit du monde au regard des critères
de chacun, s’il n’y a pas à un moment donné la rencontre entre
un éditeur et lui, le livre ne peut naître et donc exister.
C’est sans doute une grande banalité que de l’écrire pour autant
il ne faut pas oublier que tout commence par cette fameuse rencontre.
L’éditeur est le lien, le maillon indispensable de la chaîne
entre l’auteur et le lecteur.
Nous
ne sommes pas naïfs et savons parfaitement que les maisons d’édition
ont des contraintes financières influençant leur politique éditoriale.
Mais cette composante vaut pour toutes et ne suffit pas à justifier
les différences entre elles. Il faut donc chercher ailleurs
la réussite d’une maison par rapport à une autre. Aussi, en
ce 8 novembre, date de l’attribution du Prix Goncourt 2004,
je voulais saluer chaleureusement Actes Sud, la maison lauréate
à travers le livre de Laurent Gaudé*. Je ne
résiste pas au plaisir de vous envoyer visiter leur site parce
que j’aime leur façon de travailler, leur passion pour les livres,
leurs relations avec les auteurs, leurs auteurs, leur ouverture
et leur curiosité, leur rayonnement mondial tout en conservant
Arles comme base. Au-delà, il me plaît d’imaginer qu’il soit
encore possible de bâtir une relation privilégiée entre un auteur
et sa maison d’édition. Et plus encore, une relation qui puisse
durer. Alors, n’hésitez pas à vous attarder sur le catalogue,
il y a forcément le livre de votre table de chevet !
A travers
vous chers lecteurs, je voulais adresser mes plus sincères félicitations
et dire à toute l’équipe d’Actes Sud combien nous partagions
leur bonheur.
Nina Siget.
lundi
8/11/2004
*Laurent
Gaudé pour Le Soleil des Scorta, publié chez Actes Sud.
Adresse
du Site :
http://www.actes-sud.fr/index.htm
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