septembre 2003
 
Une photographie de Mari Mahr

Présentation des textes en prose choisis par le comité de lecture pour le mois de septembre 2003

par Anita Beldiman-Moore

"Le premier qui se réveillera sera le Poisson. Au fond du miroir nous percevrons une ligne très ténue et la couleur de cette ligne sera une couleur qui ne ressemble à aucune autre. Après, les autres formes commenceront à se réveiller. Elles différeront peu à peu de nous, nous imiteront de moins en moins. Elles briseront les barrières de verre ou de métal et cette fois elles ne seront pas vaincues."
Jorge Luis Borges - "Animaux des miroirs" in "Le livre des êtres imaginaires"
Gallimard (L'imaginaire) - 1987

Bonjour et bonne rentrée à tous,
pour cette première sélection de l'automne, le comité prose a choisi deux textes aux résonnances fantastiques. Oh ! pas un fantastique de science fiction ou d'heroic fantaisy, pas de gore non plus. Non, juste ce glissement imperceptible de la réalité à une dimension de notre monde que nous ne soupçonnions pas.

"Ambidextre" de Claude Deveau nous entraîne à la découverte de pouvoirs méconnus et grisants. "Excellente nouvelle et inédite avec ça!" se réjouir Lise Willar. Parfois systématique comme le fait remarquer Paul Raucy mais cela crée sans doute le contraste avec le "dérrangement" qui s'installe. "L'auteur a le mérite d'aller jusqu'au bout de son postulat." ajoute Catherine Raucy ce qui ménage une chute assez savoureuse. Car toute médaille a son revers.

Avec "Les poules", Joaquim Hock nous offre l'instantané d'un moment de folie dans l'ordre des choses. "Un texte très intéressant", commente Annie Dornic. "Un texte construit, une histoire..." renchérit Michelle Martinelli. "Une histoire bien emmenée" juge Stéphanie Marie. "Et écrite avec soin" ajoute Catherine Raucy qui regrette qu'elle s'arrête brusquement sans explorer les pistes du dernier paragraphe. Mais ce côté abrupt de "l'évènement" qui commence et s'arrête sans crier gare, sans signe annonciateur ou suite logique ajoute à l'étrangeté du récit.

A vous à présent de traverser le miroir de notre normalité le temps d'une lecture.

Anita Beldiman-Moore