octobre  2001
 

une toile de Laurence de Sainte Mareville

Deux textes en octobre

 par Juliette Schweisguth

Présentation des textes en prose choisis par le comité de lecture pour le mois d'octobre 2001

Dévoreurs de mots, bonjour !!

Pour cette sélection du comité prose, nous avons retenu deux nouvelles, dont une, "Mandala Hôtel", sauvée des eaux, parce que défendue avec force par deux membres du comité. Et surtout, elle nous donne à découvrir un nouvel auteur, Ahmed. Bien qu'il ne maîtrise pas parfaitement la langue (mais il souhaite progresser et sait se remettre en question : chose rare) on sent chez lui une originalité peu commune, et c'est bon de défendre un regard qui change de l'ordinaire, d'ouvrir des fenêtres vers des ailleurs que nous connaissons mal (j'ai parfois pensé à l'univers de Lovecraft  en lisant ce texte étrange et prenant). Je laisse la parole à Anita :

" Mandala Hôtel" déroule une écriture intéressante, en spirale inachevée : le fait de ne donner qu'une explication partielle, tout en ayant bien montré au fil du récit les miroirs déformants de la "vérité", donne sa force au récit.
Cette nouvelle, malgré ses imperfections, est foisonnante. Elle présente une véritable
recherche stylistique et littéraire et un univers incroyablement riche. Pour une fois qu'un texte est construit en connaissance de cause et non pas au hasard des images à caser, pour une fois qu'un texte déploie une narration originale et non pas mille fois recyclée, il mérite d'être lu !
"(Anita)

Et vous partage cette phrase d'Aaron :
"Alchimiquement fou, terriblement humain. Mon préféré dans cette fournée."(Aaron)

Pour le second texte, premier au niveau des votes, "La prison" de Gregory Schwartz, j'ai eu un coup de coeur (mais très discutable, comme le sont tous les coups de coeur) et tiens à vous en faire part :

" J'aime réellement beaucoup. Belle écriture et surtout l'idée est vraiment géniale. Le récit en plus se termine d'une manière magistrale, comme s'il ne pouvait véritablement y avoir que cette fin-là à laquelle on n'aurait jamais pensé pourtant. Cette fin qui met l'auteur de ses crimes dans la même situation que ses victimes. Le titre "la prison" est réellement bien choisi, la cage aussi est une prison, ainsi que cette entre-vie. Oui vraiment. J'ai une sorte de coup de coeur pour cette nouvelle qui donne, mine de rien, matière à réflexion. "(Juliette)

et le commentaire, toujours, d'Anita :

" la progression est particulièrement bien soignée : le premier crime est explicable, presque
légitime, les autres s'enchaînent de façon logique. Le fait que l'auteur ne tente jamais
d'expliquer la bizarerie de la situation donne au récit un air presque métaphysique
."

Je vous laisse vagabonder aux crimes, aux cîmes des textes, en espérant qu'ils vous surprendront autant que nous l'avons été.