Dévoreurs de mots, bonjour
!!
Pour cette sélection du comité prose, nous avons retenu deux nouvelles, dont une, "Mandala
Hôtel", sauvée des eaux, parce que défendue avec force par deux membres
du comité. Et surtout, elle nous donne à découvrir un nouvel auteur, Ahmed.
Bien qu'il ne maîtrise pas parfaitement la langue (mais il souhaite progresser et sait se
remettre en question : chose rare) on sent chez lui une originalité peu commune, et c'est
bon de défendre un regard qui change de l'ordinaire, d'ouvrir des fenêtres vers des
ailleurs que nous connaissons mal (j'ai parfois pensé à l'univers de Lovecraft en
lisant ce texte étrange et prenant). Je laisse la parole à Anita :
" Mandala Hôtel" déroule une écriture intéressante, en
spirale inachevée : le fait de ne donner qu'une explication partielle, tout en ayant bien
montré au fil du récit les miroirs déformants de la "vérité", donne sa
force au récit.
Cette nouvelle, malgré ses imperfections, est foisonnante. Elle présente une véritable
recherche stylistique et littéraire et un univers incroyablement riche. Pour une fois
qu'un texte est construit en connaissance de cause et non pas au hasard des images à
caser, pour une fois qu'un texte déploie une narration originale et non pas mille fois
recyclée, il mérite d'être lu ! "(Anita)
Et vous partage cette phrase d'Aaron :
"Alchimiquement fou, terriblement humain. Mon préféré dans cette fournée."(Aaron)
Pour le second texte, premier au niveau des votes, "La prison"
de Gregory Schwartz, j'ai eu un coup de coeur (mais très discutable,
comme le sont tous les coups de coeur) et tiens à vous en faire part :
" J'aime réellement beaucoup. Belle écriture et surtout l'idée est vraiment
géniale. Le récit en plus se termine d'une manière magistrale, comme s'il ne pouvait
véritablement y avoir que cette fin-là à laquelle on n'aurait jamais pensé pourtant.
Cette fin qui met l'auteur de ses crimes dans la même situation que ses victimes. Le
titre "la prison" est réellement bien choisi, la cage aussi est une prison,
ainsi que cette entre-vie. Oui vraiment. J'ai une sorte de coup de coeur pour cette
nouvelle qui donne, mine de rien, matière à réflexion. "(Juliette)
et le commentaire, toujours, d'Anita :
" la progression est particulièrement bien soignée : le premier crime est
explicable, presque
légitime, les autres s'enchaînent de façon logique. Le fait que l'auteur ne tente
jamais
d'expliquer la bizarerie de la situation donne au récit un air presque métaphysique."
Je vous laisse vagabonder aux crimes, aux cîmes des textes, en espérant qu'ils vous
surprendront autant que nous l'avons été. |