mai 2002
 

une photographie de J-P Bredenbac

 

 


Présentation des textes en prose choisis par le comité de lecture pour le mois de mai 2002

par Nicolas Maccalli

 
Ce mois-ci la sélection fut rendue bien plus difficile par une réception de textes intéressants. Les styles sont appréciables et certaines histoires plutôt originales. C’est pour cette raison que le comité a choisi, en ce mois d’avril, de sélectionner sept nouvelles.

La sélection s’est posé sur "La brume" d’Azel Luka ou l’histoire d’un homme qui se décide un beau matin de ne pas se rendre à son travail : une bibliothèque de quartier. Un récit, qui, malgré quelques longueurs, plaît et amuse. Un regard intéressant sur une vie de peu, une angoisse passagère quant au regard porté sur son destin et une renonciation à l’habitude. Et ne prenant donc pas la route, d’autres la prennent, comme le personnage principal de "Disparu" d'Annette Samec-Luciani, pour nous donner un nouvel aspect de l’accident mortel. "Etrange et subtil" nous dit Eva Domeneghini, je rajouterai aussi émouvant, tout comme le penserait Lise Willar. Une vision autre du décès qui s’offre à nous.

Le choix s’est aussi posé sur deux auteurs : Dominique Costermans, tout d’abord, pour deux nouvelles touchantes, dont l’une, "Tempêtes" a été majoritaire dans les votes. On aime les phrases courtes, le style, l’émotion qui en ressort "sobre, émouvant, bien vu" résume Frédéric Abergel. "Les provisions du bonheur", la seconde, ou se mêlent la poésie d’une jolie vie en opposition aux habitudes journalières et inévitables. On aime cette idée : "parler légèrement de choses graves".

Le deuxième auteur, Dominique Combaud, nous plonge dans ses rêves et ses angoisses. Dans "Virus", il se trouve des changements physiques tous les quatre matins et crée les craintes qui vont avec, "un hypocondriaque de la face, en quelque sorte !" (Nicolas Maccalli). Dans "Le premier arrivé attend l’autre", c’est l’humour et le songe qui nous délectent, "je plonge dans l'encre du rêve avec délectation" dit Guillaumme Gallas. Deux autres perspectives de nos personnes.

Le petit dernier en ce mois d’avril se nomme "Au jeu des ténèbres" écrit par Dan Lungu.
Il nous entraîne dans le corps d’un enfant "une vision enfantine du monde, à
la fois embrouillée, naïve et assez effrayante"
(Catherine Raucy) . "L’écriture est entraînante aux qualités presque hypnotiques" et l’ambiance se montre déroutante. On peut avoir des difficultés à le lire mais comme l’explique Anita Beldiman-Moore :
"Le manque de lisibilité dû à l'enchaînement des phrases sans paragraphes marque à mon sens la raréfaction de l'oxygène et de la respiration du personnage central. C'est comme un long monologue que l'on dit sans reprendre son souffle parce que la moindre pause ferait tout voler en éclat. C'est difficile à lire, ce n'est pas fluide, mais à la relecture, une fois que vous avez pris vos marques, la pureté du texte vous gifle littéralement."

Un bon mois pour la lecture en espérant les prochains de même qualité.

 

Un mot sur les Monstres de James 3ème épisode.

On continue ce mois-ci avec le 3ème épisode de James et ses "Monstres", on avait aimé l'imagination et les personnages qui en découlaient dans les deux épisodes précédents, cette ouverture vers des mondes, des vies semblables aux nôtres et pourtant empreints d'un je ne sais quoi qui tend à nous différencier : "Les lumières" avec ce grand-père à l'héroïsme solitaire, "les outils de la falaise" ou une autre façon de voir la séparation matérielle par l'homme. Autant de destins particuliers, emplis d'étrangeté. On entre dans la peau de gens à l’originalité débordante, on assiste à des scènes au goût de la mer ou au goût du passé et l’on retrouve un peu de notre enfance avec "le ballon crevé" ou "le balai sans poils". On se remémore nos masques fabriqués, nos objets égarés dans "Content de soi" ou avec la malle à Florence. L’écriture attire l’œil, l’atmosphère aussi et nous ne cesserons de dire que ces monstres-là, une fois de plus, s’avèreront très attachants.


Nicolas Maccalli