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Présentation des textes en prose choisis par le comité de lecture pour le mois d'avril 2003 par Nicolas Maccalli |
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"Parler,
c' est abuser ; penser, c'est usurper. Bonjour à tous en ce mois d'avril. Un mois qui débute, pour ma part ainsi que pour beaucoup d'entre nous, en catastrophe. La guerre est là. Elle a déjà pris tout son élan et entraîne avec elle la mort, la tristesse de tant et tant de familles et surtout, ce dégoût envers l'être humain qui n'a et ne cessera jamais de ffaire souffrir son semblable. Ce mois-ci, je voudrais penser à eux, à tous ceux qui vivent la guerre ou l'on vécu un jour. J'aimerais que l'on oublie un peu nos petites vies rangées car même pour le plus mal loti d'entre nous, cette vie-là ne ressemble en rien à celle que l'on vit en Irak en ce moment. Nos corps ne peuvent rien faire, ou si peu, mais nos pensées, même si ce n'est rien, peuvent toujours aider ou soutenir. En pensant à eux, prenons un peu de temps pour lire, nous rapprocher dune de leur émotion ou de leur souffrance. Ce mois-ci, nous publierons deux textes, et sans l'avoir choisi, tous deux parlent de la guerre. Le premier est un texte de Nicolas Weinberg : « Une goutte d'eau », un texte sur la vie et l'amour sur fond de guerre, avec un goût de perte. Une histoire originale, un témoignage unique, un moment d'émotion qui nous plonge ans la vie d'un petit vieux, pressé de développer une photo qui se veut un mystère pour nous. Une histoire joliment contée, une fin unique en son genre, un beau texte apprécié par tout le comité comme en témoignent les réactions de Lise Willar "Cette lecture m'a remplie d'une émotion vraie" et de Ghalia El Boustami "Un beau portrait de vieil homme, simple et puissant.". On retiendra une bribe de phrase touchante : « Des fois l'hiver, ça dure toujours ». Un peu comme la guerre, qui dure aussi et qui ne devrait même pas faire partie de la vie. A ce texte s'ajoute, avec toujours le goût de cendre de ce mois d'avril, une autre évocation : « Le permissionnaire de 1956 » de Denise Thémines-Monville. Nous partons en Algérie. Une autre guerre. Toujours, toujours la guerre même quand elle ne dit pas son nom. "Texte sobre pour des sentiments et une émotion bien rendus" commente Hélène Louvrier. Là- bas, nous écoutons un militaire qui nous conte sa façon de voir, sa manière à lui de joindre à chacun de ses courriers une feuille de menthe, pour le souvenir, pour un sens, un sens à sa vie peut-être Il nous conte ce qu'il a vu, ce qu'il voit, la dureté de ces jours. Il y a ces amis perdus, sa fiancée si loin, ses secrets trop lourds. Tout un monde que pour grand nombre d'entre nous, nous ne connaîtrons pas. Ghalia El Boustami ne dit pas autre chose : "Le refrain est lancinant, le permissionnaire essaie de se persuader de sa pseudo-verite: « Ne rien dire, il n'y a pas de guerre, juste une pacification, le maintien de l'ordre ». L'ecriture est puissante, evocatrice: « Les vrais cognent les faux » (il s'agit des mots). Le leitmotiv de la menthe s'obstine dans la memoire du personnage comme dans celle du lecteur. Avec une economie de moyens et une grande maitrise de l'ecriture, l'auteur fait naitre l'emotion, la reflexion. Un texte a publier et mediter aujourd'hui. Toutes les guerres se ressemblent." et Richard Mainville de conclure : "La guerre ne fait que des victimes.". A vous de voir Et à vous de lire, en espérant un mois meilleur, un mois de paix pour celui de Mai.
Nicolas
Maccalli |
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