Bonjour
à tous. Nous sommes très heureux de vous retrouver.
Le comité de lecture vous revient pour la saison et
le mois d'Apollinaire riche de nouveaux auteurs,
de textes inédits et toujours animé du désir
de partager avec vous nos découvertes et coups de cœur.
Je vous souhaite donc une belle rentrée et vous propose
notre dernière sélection, quatre
auteurs parmi lesquels Léa
avec Longue est la nuit, Robert Vitton,
Chant de bataille et Les nuits rouges,
Guillaume Vivier, Le Magicien et L'écu
de dieu, Sonneur avec Voile, Chapitre vingt,
Poème sans titre et Sur l'herbe à lire.
Avec
Léa, « Longue est la nuit »… Cependant
le lecteur se laisse griser par cette insomnie colorée,
captivante, dont l’intimité immense, lucide, rivalise
sans cesse avec un univers apparemment clos. Ce poème
est d’une clarté troublante qui remet en question
l’obscurité de la nuit, de nos nuits, car la liberté
est terrifiante.
« Un
homme en blanc va passer comme chaque soir… »,
personnage « raisonnable » tant il croit à
la nécessité de son rôle de passager en situation logique,
tangible. Il va passer tel un aveugle le long de ce
corps qui ne bouge pas : « Les mouvements
sont suspects ici », mais l’esprit, loin
d’être perdu, s’agite dans toute sa clairvoyance
et c’est l’authenticité de l’être
qui choisira le départ…
"Chant de bataille" de Robert Vitton : comme
il est difficile de parvenir à concilier poésie et révolte,
sans sombrer dans la maladresse des vers adolescents,
ou dans le ridicule du cri boudeur de l’écrivaillon.
« Chant
de bataille » nous a convaincu à l’unanimité
qu’il pouvait en être autrement, que la poésie
n’était pas exclusivement réservée au domaine
de l’esthétique pure, mais qu’elle pouvait
également dénoncer tout en restant superbement musicale :
« Gardez vos faveurs vos largesses
Vos rosettes vos résédas
Je
ne suis pas de vos soldats
Armés jusqu’aux dents de sagesse »
Robert Vitton
Ce poème possède une maîtrise
exceptionnelle étant donné le sujet traité. Il fallait
oser, l’entreprise était périlleuse. Le pari est
gagné ! Il ravira les contemplatifs autant que
les assoiffés de prises de conscience…Chapeau !
Nous vous présentons ensuite Guillaume
Vivier, auteur de trois ouvrages traduits à l’étranger
et d'une bonne centaine de collaborations dans les revues
Alexandre, Cahier du sens, l’Arche d’Ouveze
mais nouveau poète sur Ecrits... Vains ?. Nous
vous proposons de découvrir son écriture qui dérange
un peu la bonne pensée bien coiffée et toilettée. Avec
cet auteur, on "s'accroche aux lustres" pour "grimacer
au monde". Le désir, le sexe, la révolte ne sont ni
tabous ni timides et l'élan un brin provoquant
"dans le corsage qui courbe le cœur ". "
... il y a de vrais moments de magie, justement"
dans ses mots, nous écrit Sandrine Bettinelli. L'auteur
préféré de Dan pour cette sélection. Pourquoi ? Lisez-le,
et devinez... :
L'écu de Dieu
Les puritains
Aux sexes de monastère
La tête au fric et mal au froc
Pardon seigneur
Les sœurs nos copines bougeoirs
...
Enfin, Sonneur, vous pouvez visiter
son site (http://www.sonneur.net/ ).
Une belle écriture ciselée. Une réflexion lucide et
sans illusion sur les mots. Cette tentation de remettre
en question un possible renouveau poétique, maintenant,
après Villon, Dante, Baudelaire, Rimbaud, Breton.... Sonneur utilise le thème "j'écris"
sans se prendre au sérieux, de façon esthétique. Sandrine
nous dit de lui " J'aime beaucoup cette façon de se
moquer du langage, des connaissances, de soi-même. Tout
en restant élégant." Nous découvrons donc "Sur l'herbe
à lire", "Voile", "Chapitre vingt" et "Poème sans titre"
en nous souvenant de cette phrase de Valéry Larbaud,
"J'écris toujours avec un masque
sur le visage", écoutez...
Une figure de style deux yeux
et un nez
un visage sans verso
une bouche d'ombre sans la lumière
du matin
le regard toujours au-delà de
la face
J'écris
...
Sur cet écrit, nous vous souhaitons
donc une belle lecture à tous.