Une photographie de Stéphane Popu

La non-sélection de
mars 2004

 

A propos…

Vous connaissez Anita ? Une modératrice à consommer sans modération… Quand elle m’a demandé un petittopo pour la non-selection des non-poèmes de Mars à quelques encablures du premier avril, j’ai hésité… Le mois prochain elle demandera de mettre une page de Bourdieu en alexandrins, c’est sûr !

Le comité poèsie d’E.V. est en état d’anorexie. Plusieurs parmi les meilleurs sont en cure de repos et, seules, trois constitutions robustes de paysans, l’une du nord, l’autre du sud, une troisième au milieu, permettent à Rob et Michel (comme robustes) et moi-même de continuer la lutte.

Il faudrait nous réalimenter doucement avec des poèmes légers et expressifs, quelques quatrains plutôt qu’une réécriture poussive du soulier de satin. Nos poètes en herbe privilégient l’impression au détriment de l’expression, ce qui est bien dommage pour nous, et pour eux aussi. On peut écrire mille fois que Lili adore Tatave à condition que les mots pour le dire soient forts, inhabituels, musicaux, émouvants… Que le texte soit dense, et qu’à lire, ce soit plus réjouissant ou plus poignant que le prospectus d’un médicament anti-diarrhéique.

Je suis hardie de me lancer sur cette piste un peu dangereuse, mais d’autres plus inspirés modifieront ces lignes où subjectivité et mauvaise humeur cachent mal une ignorance encyclopédique, comme disait Allais.

Une petite chose de Norge, pour le dessert :

La fille au garçon
Parlait de façon
Si douce
On dirait sous bois
Un petit patois
De source

La main jeune d’elle
En celle de lui
Gîtant
Si frêle en son nid
C’est une hirondelle
Enfant

Le meilleur de Dieu
Des temps et des lieux
C’est eux.

Aglaé Vadet