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Ce
mois-ci le comité est comme ragaillardi, avec Luys Ramet
et ses deux textes : "J'ai brûlé mes mots..."
dont Guillaume nous dit : "beau texte lyrique, souple
et ample comme un vent froid" ; Michel lui souligne
des passages particulièrement réussis : " aujourd'hui
je finirai par tuer mon poème sur la gorge du chant "
ou encore " mon enfance d'avenir mon enfance des temps secrets
". Et "Une rose pour Yram" pour lequel
le même Guillaume lâche : "j'aurais pu
penser lire un inédit de Guillevic, le Guillevic plus métaphysique
des derniers recueils... sous ma plume, c'est un beau compliment!"
et dont Lucie trouve les métaphores sont intéressantes
; Michel lui apprécie partivulièrement l'enchaînement
des mots : " parfois la rose est un mot simple qui traverse
l'étoile et l'oiseau ".
Philippe
Vallet qui ne nous est plus inconnu depuis longtemps nous
offre son "Chaque buisson secoué agite l'air"
qui a touché Michel par le thème et les images
déployées. " Griffe perfide du croire possible
" ou " brouillon d'océan secoué "
ou encore cette petite perle : "du bleu du ciel qui se tend
à nos mots ". Ses "belles expressions (parfoi)
surannées" ont ému Noëlle et Lucie
et ont attiré l'attention de Guillaume : "Très
beau poème, qui propose un travail réussi sur le
rythme et les mots: l'herbe appelle les humeurs folles, l'air
se mue en ru puis en rue, mais toujours en douceur, sans emphase.
En fin de compte, la description naturelle est-elle, ou non, une
métaphore? Rien ne permet d'avoir une lecture réductrice
de ce poème. Je regrette seulement que la dernière
strophe "retombe" un peu, plus prosaïque: elle
mériterait certainement d'être reprise, repensée,
reformulée, adoucie..."
Quant
à Jean-Michel Mayot avec son unique mais très
beau haïku "pour Tanizaki Junichirô"*
je laisse la parole à Guillaume une fois de plus
: "Le häiku est un genre qui ne pardonne pas. Sa concision
requiert un véritable orfèvre du langage et de l'indicible.
Même s'il n'est nullement nécessaire de s'en tenir
aux thèmes classiques du haïku et du renga japonais,
trop d'explicite matérialisme tue le haïku... Autre
remarque, plus formelle : s'en tenir au schéma métrique
pentasyllabe-heptasyllabe-pentasyllabe est louable, mais, si cela
doit se faire avec de nombreuses chevilles, il n'y a pas lieu
de s'en féliciter. Dans ses "retouches" les plus
brèves (je vous conseille la lecture de Sous-main ou de
Hôtel de l'image, tous deux publiés chez Gallimard),
Daniel Boulanger retrouve souvent la teneur originelle et picturale
des haïkaï, sans s'en tenir strictement au schéma
métrique...". Il me paraît intéressant
de noter que spécialistes ou novices, ce texte a réussi
à faire l'unanimité.
A
vous d'en juger à présent.
*voir
à son sujet le très beau site http://www.shunkin.net/tanizaki/accueil/accueil.html
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