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Six auteurs et 10 textes…
Pour cette dernière sélection
de l’été, un auteur (encore lui !) nous a terriblement marqué.
Je parle d’un certain Pascal-Ludovic Saissi dont le talent
fait l’unanimité du comité de lecture en poésie.
Très peu d’élus cette fois…
Manque d’originalité, de travail, d’idées. Mais si d’un côté notre
déception est grande, quel plaisir de vous donner à lire ces quelques
poèmes, si éloignés des petits journaux intimes que nous avons
l’habitude de recevoir.
Bonnes vacances.
Dan
Pascal-Ludovic Saissi
donc qui sélection après sélection taille
son chemin avec l'élégance du désespoir
Dans la ZAC où coule
encore
- Beau, désespéré, de très belles
trouvailles : « l'Espoir est une mer absente »
(dommage pour les majuscules auxquelles je suis allergique), « les
fesses moulées dans l'été », « La grande fourmilière
a bougé ». Nos semblables sont vivants et précisément
semblables et non pas des pantins allégoriques esclaves de
la rime.
Anita.
- On y est en poésie et dans
la ZAC et je suis comme le poète, terrifiée et terriblement triste
:
Dans le bal céleste des
habitudes
Je meurs d'ennui
Et ronge mes doigts jusqu'au premier sang…
Aglaé
Sweet Sandy
- Jolie ballade mélancolique
et quelques trouvailles : « Sandy songe cernée / par les
brumes légères de son sommeil ».
Anita
- Tout un climat de troquet
fatigué et de tabac froid. Cette femme usée. C'est beau.
Aglaé.
Le hors-champ
Juste dans l'économie même
des mots.
Anita
Viennent ensuite...
Philippe Vallet qui
est loin d'être un inconnu, infatigable chroniqueur de l'intime
Je ne crois plus au
silence
Prédestinés, condamnés sous
la plume de l'auteur qui donne de si belles images de notre enfer
: « le claquement sur les pierres du chemin où la chaussure
se plante d'un coup sec dans la flaque », « les gouffres
noirs qui nous démembrent ».
Anita
Ludovic Pautier qui
d'épure en épure bâti un univers ouvert en
éternelle interrogation
Fenaison des yeux clos
- Un peu elliptique mais
la fin est splendide.
Anita
Cracher
- Beau rythme, une belle
progression.
Anita
Emmanuel Norman un
nouveau venu sur Ecrits...Vains? plein de talent
Sans titre
- Implacable, l'air de ne
pas y toucher, il y a plus de cruauté dans la simplicité de ce
poème que dans les discours les plus menaçants.
Anita
Pierre Badie qui entre
poésie et chanson pousse la mélancolie à
son comble
La voilà
- « Tu
peuples mes nuits et désosses mon corps » est torride
selon moi. Et « Des
cargos délainent des sentiments pour l'hiver » en disent
plus sur la nostalgie et la mélancolie que tout le reste du poème.
Anita
- On est en poésie et l'air est léger :
Avec tes mains comme le flair d'un clébard
Qui renifle mes mots mais s'en tient à l'écart
Tiens, il y a du soleil
dans ta rue
Dévore ce bout de rayon à en être perdue.
Aglaé
Sans titre
- Je confonds poème et chanson
peut-être, mais c'est limpide avec un thème qui touche, un joli
refrain... c'est pas faisandé, pas tarabiscoté... il va faire
des progrès celui-là c'est sûr, s'il sent que nous l'avons aimé
comme il est...
Aglaé
Philippe Leteissier enfin
qui a motivé un coup de coeur de France Weber
Sans titre
J'aime l'ensemble de ces
textes, le rythme, la démesure, les non sens, et même les fautes
(!)
Le tout est incongru, je pense que c'est volontaire, vu la maîtrise
que je perçois derrière cette écriture.
J’ai trouvé le tout désarmant, interrogeant, intéressant et beau.
La chute me donne à travers
ce texte une explication de cette tentative interpellante.
Elle pose la question de savoir si on peut changer la place des
mots en se livrant à l'expérience d'une écriture où l'on oublierait
ses savoirs sur la langue pour extraire la perle de « l'auteur
huitre ».
Je trouve cet auteur très courageux, et il me tarde de connaître
son nom. Si par contre je me suis échafaudé cette explication
de texte et qu'elle n'a pas lieu d'être parce que l'auteur n'y
avait pas mis ces intentions, je maintiens tout de même la note
pour chacun de ses textes, ne serait-ce que pour leur rythme interne...
mais je serais très déçue !
France
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