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Ils marchent dans l'azur la tête dans les villes
Et
savent s'arrêter pour bénir les chevaux
Ils
marchent dans l'horreur la tête dans des îles
Où
n'abordent jamais les âmes des bourreaux...
Léo
Ferré, Les Poètes
Bonjour
à tous, lecteurs, poètes et amis. En février le comité de lecture
vous retrouve riche de trois auteurs, de textes inédits et
surtout d'un nouveau coup de cœur dont nous allons vous parler
un peu plus bas.
En
attendant, je veux adresser une petite lettre aux poètes
qui nous proposent leurs écrits. Ce mois-ci les
membres du comité de lecture ont longuement discuté et voilà rapidement
ce qui semble en ressortir : ne nous adressez pas de recueil
(trop long) mais plutôt un à trois textes - parfois plus
si vous ne pouvez vous en empêcher - ne nous proposez pas l'adresse
de votre site afin que nous y sélectionnons vos meilleures productions
: nous sommes un comité de lecture et non pas des chasseurs de
te(x)tes. Auteurs de moins de 18 ans, la rubrique Mots-Garous
vous attend (elle est encore dans sa phase de retructuration mais
bientôt, vous pourrez vous y exprimer). Tous, j'aimerais aussi
que vous sachiez que si nous sommes tellement longs à vous répondre,
ça n'est pas par indifférence ou manque d'intérêt. Vous êtes si
nombreux que les textes s'accumulent : chaque mois les membres
du comité en lisent une cinquantaine qui ont été au préalable
anonymés par mes soins (je ne vote pas moi-même car je connais
l'identité des auteurs). Sur cinquante textes lus et commentés, nous
en publions une quinzaine environ (douze ce mois-ci) : c'est
peu, mais nous ne pouvons sincèrement pas aller au delà... L'un
de nous écrit : "Poésie ne rime pas avec abstraction,
et les auteurs débutants auraient peut-être intérêt à jongler
avec des mots et des idées plus simples, plus universels. Je me
pose la question..." Chantal English. Comme Chantal, nous
nous posons la question et nous gardons bien de donner des conseils
aux poètes. Parmi ceux qui nous proposent leurs textes, tous ne
sont pas débutants. De plus, comme je l'écrivais dernièrement
à un auteur qui regrettait de n'être pas publié sur Ecrits...
Vains ?, "la non-publication de vos poèmes par notre
comité ne signifie pas que votre texte n'a pas de qualité
et ne marchera pas ailleurs ; il est simplement le choix
majoritaire - et subjectif - de notre comité de sélection,
étant bien entendu que certains d'entre nous ont pu l'apprécier."
Maintenant je vous remercie tous pour votre générosité et votre
partage des mots.
Il
est temps maintenant de revenir à notre sélection. Nous vous proposons
trois auteurs et douze textes : je vous ai parlé plus
haut de notre coup de coeur. Il s'agit de Cathy Garcia
que nous vous présentons avec 10 textes "Poupée du soir, poupée
placard ", "Futilement vôtre ", "Non le monde
n'a pas changé ", "Princesse ", "Le Un ",
"La nuit de Narcisse ", "Les nuits abîmées ",
"La nuit papivore ", "Le bol et le vide " et
enfin "Silences ", avec une nette préférence pour l'étonnant
Poupée du soir..., Les nuits abîmées et Silences.
France Weber nous écrit très enthousiaste à propos de cet auteur
" J'aime beaucoup l'élan de cet auteur ! Un véritable coup
de coeur sur l'ensemble de ses textes... Décidément cet auteur
en est un. Il jongle entre la poésie et la prose d'une façon délicieuse.
J'adhère !". Effectivement vous allez découvrir une écriture
en lisière de la prose, "border-ligne", à la fois hybride et très
originale. Mais je n'en dis pas plus et laisse Dan vous la présenter
: Parmi le flot de textes que le comité de lecture a reçu,
un auteur s’est tout particulièrement distingué. Phénomène
rare, disons-le ouvertement, Cathy
Garcia intrigue, place son lecteur en face de ses propres
malaises et interrogations. Ainsi n’avons-nous pas hésité
à vous présenter ses dix poèmes :
La
solitude dans « Poupée
du soir, poupée au placard » est d’une effroyable
lumière (si j’ose dire) : Isolement, exclusion, rejet
intellectuel et moral, la Poupée
du soir «griffe les
murs de ses ongles en caoutchouc »…
Et cette maudite araignée, symbole de l’indifférence qui
nous entoure représente la chose la plus étouffante qui soit,
bien plus que le fameux « placard »…
« Futilement vôtre »…
Nous vous invitons à découvrir ce poème dont l’amour est
le centre. Non pas cet amour facile qui inonde les poésies de
« Je t’aime » abrutissants et monstrueusement
pâles, mais un envoûtement, une ivresse, une intelligence où l’imaginaire
respire une autre dimension :
« Si par mégarde je m’approchais
trop de toi, le rêve serait alors de se laisser glisser, un brin
de folie clandestine en guise de corde »…
« Non le
monde n’a pas changé », texte poignant,
incisif, lucide, sans pour autant sombrer dans la petite morale
mesquine ou le discours long à mourir. A découvrir comme l’Idée
qui ne se referme jamais.
« Princesse »…
Aucun poème de cathy Garcia ne se ressemble et chacun de ses mots
est une ouverture nouvelle sur la façon d’appréhender le
monde. Princesse est d’une sensualité sulfureuse !
« Le
un »… Poème métaphysique : « Avec le deux, vient
la confusion. Corruption et agonie »… Déroutant !
Je
vous laisse pénétrer l’univers déconcertant, audacieux des
autres poèmes de Cathy Garcia :
La
nuit de Narcisse et « son
grand miroir ovale »; Les nuits abîmées où
« les clochards
ricanent sur leurs perchoirs ridicules »; La nuit
papivore dont la chute est impressionnante ! ; Le
bol et le vide dont le titre à lui seul est une aventure…
Et enfin, Silences, « boutons d'étoiles mal cousus
aux vestes des petits poucets »…
Les
deux autres auteurs sélectionnés en février sont Laëtitia Cemara
avec "La vie en poche " et Claire
Cassagne avec "Ponts épuisés ". Nous connaissons
la première et lisons régulièrement ses poèmes sur Pages Libres.
Je suis très heureuse de l'accueillir et de vous présenter son
texte qui "rend le désarroi avec une économie de moyens qui
me plaît " précise Anita. Un extrait :
« Je
plie la vie en quatre comme un mouchoir tissé... "»
Laëtitia
Cemara
Ce
poème est touchant. Enfin, " Ponts épuisés"
de Claire Cassagne est un texte simple et joli. Chantal
English écrit à son propos : "... par des mots simples et
grâce à sa finesse d'observation, l'auteur, par un jeu d'images
et de musicalité singulière exprime sa sensibilité et son authenticité..."
:
Tout
ce qui en nous se tend,
Même
la nuit dans nos rêves,
Ce
qui étreint, caresse, prend.
Fortes
artères du désir,
Ponts
épuisés qui retombent
...
Claire
Cassagne
Sur
cet écrit et ceux qui précèdent, nous vous souhaitons une belle
lecture à tous.
"
Vous savez qui je suis maintenant ?
Le
vent. Je suis le vent. "
Léo Ferré
Voilà
donc ! Je n'ai pu m'empêcher de revenir au poète qui a ouvert
la sélection. A bientôt,
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