Lorsque
s'étend le soir de toute sa langueur sur la mer apaisée,
et que la terre se pare de sa plus belle ombre encensée
par l'odeur encore chaude des pins, mon cur s'ouvre à
mon âme qui déverse le ciel. Le bleu m'envahit alors
jusque dans le blanc des yeux où vient s'échouer
le jour en petites vagues dorées. Un ultime vol d'oiseau
zèbre le soleil qui rassemble ses derniers halos téméraires.
La nuit, parfumée de jasmin, dévale les collines
enivrant les grillons qui se taisent.
C'est en ce moment précis que mes pensées s'enroulent,
comme une cigarette allumée à la braise de la nostalgie,
sur laquelle je tire goulûment une effluve de thé
à la menthe. Sa douce odeur s'élève au son
des dés jetés en l'air et qui tourbillonnent encore
à nos instants d'insouciances, lorsque sous le pin une
partie de " parchi "[1] agrémentait nos soirées
sans fin. Et la mer qui murmure, sous le ciel serein qui s'étire
à l'infini
jusque dans le cur des hommes par
lequel elle respire.
[1]
parchi : C'est un jeu très populaire dans le nord du Maroc
que l'on joue dans presque tous les café populaires. En
Espagne, on le connaît sous le nom de Parchis, en France
sous le nom du Jeu de Dada ou Petits Chevaux.
Khalid Benslimane
Casablanca le 02 avril 2004