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Un
soir d'été où la chaleur faisait craquer les
mémoires comme une terre desséchée, je me suis
parcouru de l'intérieur à travers un dédale
accidenté de souvenirs intemporels, recherchant ce bonheur
fugitif, tel un héraut en quête du Graal.
De Perceval j'en avais peut être l'armure mais de son cur,
le mien était loin d'être pur. Je baissais mon heaume
devant l'assaut d'une horde de réminiscences tourmentées
et amères. Elles m'assaillaient d'armes redoutables que je
portais en moi sans m'en rendre compte. Désir, envie, passion
et d'autres encore me blessaient jusqu'au fond de l'âme par
leur épées de peines et de larmes. Mon armure forgée
dans l'orgueil le plus pur semblait les attirer de la force d'un
amant attirant l'adultère. Je devenais prisonnier de ma propre
cuirasse qui amplifiait leurs taïauts comme une cloche d'airain.
Comprenant soudain qu'elle ne me servirait à rien, je brandis
haut mon alfange forgée dans l'espoir des hommes et aiguisée
sur la pierre rêche de ma volonté et l'abattis dans
un grand cri de douleur se mêlant aux râles de ces sombres
créatures et de mon armure qui volait en éclats. L'explosion
ouvrit une brèche dans un méandre de mes circonvolutions
cérébrales. Les morceaux épars de toutes ces
bribes de noirs souvenirs furent happés à travers
l'ouverture, vers ce feu bleuâtre qui crépitait tranquillement
de l'autre côté. A chaque fois qu'un éclat noir
de ces démons venait se désagréger en une gerbe
d'étincelles sur ses flammes, une brise légère
s'en échappait m'amenant un parfum de café ou celui
des cheveux de ma mère
Khalid
Benslimane
Casablanca le 12 août 2003
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