Aux rives de la francophonie                                                sommaire                                                                                                                                                            Responsable Khalid Benslimane

 


Une photographie de Doifel Videla

La réponse de la bergère au berger

En réponse à l'enjeu berbère

de R. Amal à Khalid Benslimane

 

Dans ton enjeu berbère de la culture barbare, je te trouve plutôt vache. Je crois que cela est dû à ton amour des langues, surtout celle du bœuf. Attention à la "vache folle"; je te conseille donc le cœur, surtout celui de l'agneau il est moins nocif.
Si toi tu fais partie de la tribu des "homos" "erectus" moi étant moi même berbère et en lisant ton "enjeu" je suis devenue érectile. Je me souviens d'un chant lyrique, délirant, d'un poète condamnant son squelette " homo- erectus ça me va moi qui suis un chaud- lapin " ; ce n'est nullement un berbère non plus un barbare, cependant il avait compris que jadis l'être humain communiquait mais à sa manière.
" Le cri du désir et le cri de la douleur sont si proches parents que la langue ne sait plus lequel elle retient quand elle œuvre en rêvant. " C'est ainsi, qu'un autre avait défini le consensus, que j'oserais interpréter sans être ethnologue ou une linguistique chevronnée, entre les pôles aimantés, par le réalisme et le rêve.
La question qui s'impose : pourquoi devrons-nous continuer à parler du " berbérisme " comme étant une enclave désastreuse qui touche frange à frange l'éthique culturelle et religieuse ?
Il ne faut jamais rendre à César ce qui appartient à César puisque César n'est plus, par contre, il faut penser à l'héritage.
Personne parmi les marocains ne peut trancher sur son origine et dire s'il est arabe ou berbère , moi je suis berbère mais je suis contre ceux qui utilisent l'amazighité à des fins politiques. Ce que moi je réclame c'est de donner plus d'importance à la culture amazigh ( manière de vivre, bijoux habits, coutume, chanson musique etc.. et pourquoi pas la langue).
La force du Maroc réside dans sa diversité culturelle et c'est cela qui constitue sa richesse. Nous pouvons parler 3 ou 4 langues ou plus, ça ne dérangerait personne du moment qu'on ne l'impose pas.
Ce que je veux transmettre aux berbères c'est que leur force n'est pas dans leur langue mais dans leur culture quelle que soit la langue support. Ils doivent montrer qu'ils sont aussi intelligents que n'importe qui en essayant de s'instruire et de se cultiver surtout dans le domaine de la recherche scientifique et technologique.
Pour ne plus divaguer, le mot " cohabitation " est bravement défini sous l'emblème de la culture pour ne pas dire une conservation de statuettes graphologiques bien faites pour embellir une langue déchue par une politique qui s'amusait à conjuguer la culture " amazigh " comme une révolution mal adaptée au XXI siècle.
Cette cohabitation innée existait depuis la nuit des temps mais meurtrie par l'inculture pour des prérogatives politico-religieuses visant l'autodestruction. Cela nous amène à plusieurs questions dont la principale : qu'est ce qui a animé ce long et profond sommeil ? Est-ce le désir d'émergence ou une autre prérogative politique ?
Les istiqlaliens (du parti nationaliste créé par Allal el Fassi)conseillaient aux marocains d'étudier la langue arabe alors que eux mettaient leurs enfants dans des écoles de la mission française et un ancien ministre, alors professeur à la faculté de médecine, faisait échouer les berbères juste parce qu'ils étaient berbères en disant "depuis quand les berbères sont médecins".
Et comme Machiavel, je dirai que les marocains "devront reconnaître combien les berbères supportent indignement une cruelle et longue malignité du destin".
Je n'oserais nier que les différents mouvements islamistes ressentis dernièrement dans le monde musulman ,au Maroc en particulier, ont poussé les occidentaux à réfléchir sur la question : Comment contrecarrer ces mouvements ?
Serions-nous alors le moyen le plus subtil pour être une épée culturelle la plus fine et la plus adaptée pour couper cette ascendance religieuse ? Certainement, sauf que nous avons porté l'embryon religieux depuis sa naissance et nous saurons le conserver comme nous serons toujours des berbères.


R. Amal la berbère